Namasté!

Après l’aventure au Pakistan, nous décidons de nous reposer un peu.

On pose nos valises dans une guest house bien connue des voyageurs motorisés, « Mrs Bhandari’s guest house », située à Amritsar, à une trentaine de kms de la frontière.

C’est un endroit paisible avec un grand jardin, une petite air de jeux pour les enfants. Mais hors de question d’abandonner Polo! Nous dormons dans le camping-car, près du jardin.

Plusieurs choses nous interpellent après avoir franchi la frontière. Dès notre sortie, on tombe sur une échoppe de vente de bière, l’alcool en vente libre! Ouah!!! Ça fait 5 mois qu’on n’a pas vu ça!

Puis les déchets le long de la route. Le lit du cour d’eau est une déchèterie. Pas glop.

Et des femmes, bon sang on voit des femmes! On est bien loin de l’Iran, et elles ont été si discrètes en Oman ou encore au Pakistan que c’est bon de les voir, chevelure au vent, juste exister, libres. J’ai l’impression de pouvoir exister moi aussi, sans complexe.

Puis enfin en arrivant chez Madame Bendhari, la verdure. Combien de temps ça fait que nous n’avons pas marché dans l’herbe?! Ah, du sable, on en a mangé un paquet! Et c’était bien, mais nous éprouvons un grand plaisir à humer l’odeur de l’herbe, la toucher, et s’allonger dedans. Et puis ça sent bon quand c’est l’heure de la rosée le matin. Il y a des fleurs partout de toutes les couleurs.

On décide de faire connaissance tranquillement avec l’Inde, parce qu’on sait qu’elle va peut être nous bousculer. Elle est peuplée, euh pardon, surpeuplée! et les voyageurs en véhicule peuvent être incommodés par le manque d’espace qui règne ici. Pour que vous vous rendiez mieux compte, voici quelques chiffres: 1,353 milliards d’habitants! Soit 5x plus qu’en France! Une densité de population de 376 habitants au km2… on est loin des 15 habitants au km2 d’Oman! Alors quand on cherche un coin tranquille, ça peut prendre du temps… voir ne jamais arriver!

On visite Amritsar et le célèbre Golden Temple. Le lieu le plus sacré pour la communauté sikhs. Je la fais courte: Les Sikhs forment l’une des communautés les plus originales de l’Inde. Il s’agit d’une minorité religieuse solidaire, qui prescrit l’honnêteté et le service de la société. Ils ont une barbe accompagnée d’une belle moustache, mais surtout un beau turban de couleur. Le temple est composé de 4 portes qui donnent accès à un vaste complexe. Au milieu de tout ça se trouve un bassin appelé piscine de nectar. C’est au centre du bassin qu’est érigé le golden temple, où temple d’or. Je vous laisse découvrir le reste en photo. C’était beau mais il faut se couvrir la tête, ce qu’on respecte bien sûr. Sauf que c’est obligatoire pour les enfants, et qu’au bout d’une demi heure Pablo en a assez de ce truc qui le gêne et veut l’enlever. Ce n’est vraiment pas du goût de certains locaux qui ne se privent pas de nous faire la remarque. Dommage, ce n’est qu’un enfant… On me fera aussi remarquer que mes cheveux dépassent, je ne suis pourtant vraiment pas la seule dans ce cas!

Du coup, nous ne nous y attardons pas.

On expérimente le tuk tuk! Et les enfants adorent!

On fait les petits marchés…

C’est un méli-mélo de fils électrique dans la ville!

Pas vraiment a mémé réglementation qu’en Europe…

On se fait masser pour quelques euros, les pieds, le dos, la tête! Pas mal!

J’y reviens encore, parce que c’est tellement dommage, il y a des déchets partout, dans les rues des villes, dans les cours d’eau, le long des routes, dans les forêts, partout! On redouble de vigilance avec la santé des enfants. (Merci de ta prévenance cousine, bisous). Et ça paye, personne n’est tombé malade jusque là. Avoir notre petit cocon et notre indépendance, ça aide. Je pense aussi que le fait d’être venus par la route a renforcé leurs défenses.

Au bout d’une semaine, on se jette à l’eau. On reprend la route.

Pouah! Là aussi on était prévenu…le réseau routier est dans un état calamiteux. Bitume défoncé (quand ce n’est pas de la piste) et nids de poule à perte de vue. Je ne vous parle pas de la circulation anarchique! Je me fais les muscles en serrant les fesses! Y’a pas de règles, ça déboule de partout. Vélos, tuk tuk, charrettes, voitures, camions, motos ou tracteurs. Et comme d’habitude, ça passe! Le chauffeur gère et Polo tient bon la barre. On roule toujours à gauche, et vu la taille des camions, Julien n’a aucune visibilité pour doubler (volant à gauche quand tu doubles par la droite, bof). Je suis souvent à l’arrière pour m’occuper des enfants qui râlent, je ne peux donc guère l’aider.

A l’intérieur du camping-car, la tension monte! Et oui, on ne conduit pas relaxe dans un contexte pareil.

Les trajets s’éternisent, on roule à une moyenne de 25km/heure, et on en revient au début, c’est pas facile ici de trouver un coin tranquille pour se détendre après tout ça. Quand on s’arrête quelque part, on crée de petits attroupements de gens qui collent leur nez aux vitres, ou qui entrent carrément. Ça peut être sympa, mais pas quand tu as besoin de calme. D’autant que les indiens n’ont pas vraiment le même sens du « périmètre d’intimité » que nous! Ils portent les enfants alors qu’ils refusent, les prennent en photo avait même de leur avoir dit bonjour, entrent dans le camping-car sans avoir demandé. Je l’écris tel quel, tel qu’on l’a vécu et ressenti. Bon, ce sont nos début en Inde alors on ne se formalise pas trop.

Et puis nous avons fondamentalement changé de décor. On croise nos premiers singes, de quoi redonner le sourire aux lèvres.

Et puis ce genre de panneau là !

Après plusieurs jours de route, nous arrivons à Rishikesh, notre destination! Au bord du Gange! On voulait le voir de nos propres yeux. Il est beau! Rishikesh est une ville que nous pouvons nommer de spirituelle. On croise beaucoup d’occidentaux ici. Pas vraiment étonnant, c’est la capitale du Yoga!

Un petit bonjour à Clet et Alison, c’est ici que les Beatles sont venus découvrir la méditation transcendantale dans les sixties.

Ce n’est pas le yoga qui nous attire, mais juste voir le Gange.

Pour ça, faut déjà trouver où poser le camping-car. On a une adresse grâce à IOverlander. Ce dont on ne se doute pas, c’est que c’est perché dans la montagne, et qu’il nous faudra tester 3 chemins différents pour arriver à y grimper, ça passe limite. Ouf. Nous arrivons devant une guest house, tenue par une famille qui nous laisse camper gratuitement.

Nous sommes fatigués de ces journées de route interminables… On restera plusieurs jours ici. La famille est très sympa, on se balade dans les montagnes, premiers contreforts de l’Himalaya. D’ici part un chemin qui mène à une cascade.

Pablo me demande de lui mettre un turban parce qu’il aime beaucoup. Ca lui va bien!

Et puis un soir, tout le monde est suffisamment en forme pour assister à la triveni Ghat, ou la cérémonie des bougies à la tombée de la nuit, au bord du Gange. C’est assez intime ici et ça nous va.

On n’a pas beaucoup de photos parce que ça ne rendait pas très bien.

Après ça on s’empiffre de pâtes et de patates auprès des vendeurs de rue, et Pablo manque de faire une attaque quand une vache (sacrée ici) veut manger son assiette. Je crois qu’on ne l’a jamais entendu crier aussi fort.

Il commence à faire chaud la journée mais les nuits sont fraîches, le climat est bon.

Chose à part, ou pas d’ailleurs, nous avons de gros problèmes avec nos poubelles. On ne sait pas quoi en faire. Tout bonnement parce qu’il n’y a pas de poubelles ici et que tout finit dans la nature. L’unique option est de les brûler. On pense à réduire nos déchets mais c’est difficile ici, et contradictoire… une plaquette de beurre est emballée dans du papier sulfurisé puis dans un emballage cartonné. Le lait n’est plus en brique de 1l mais dans des sacs plastiques de 500ml. La barre de kit kat dans un papier d’aluminium et ensuite dans le sachet plastique. On marche sur la tête. Et quand on se paye le luxe de boire une bière… que faire du verre! C’est fou! Alors bon, on brûle tout quand on en a l’opportunité.

C’est bien beau tout ça, mais faut bien repartir un jour! Et on a une bonne motivation! On va au Jim Corbett National Park! Un parc national où il est possible de voir des tigres et des éléphants. On a l’eau à la bouche rien que d’y penser.

Le trajet est du pur bonheur… rapide, facile! Non, c’est tout l’inverse mais je ne veux pas me répéter.

On ne se presse pas pour organiser notre safari en arrivant là bas, pour la simple et bonne raison que la route nous a exténuée.

On se gare dans la sympathique cour d’un motel remplie d’arbres verdoyants. On nous laisse utiliser la laverie pour le linge (cri de joie!), et le resto est pas cher mais surtout succulent. C’est là bas que nous feront vraiment connaissance avec la cuisine indienne: le riz aux milles saveurs, le dhal (préparation à base de lentilles), les nouilles aux légumes et au noix de cajou (ça c’est plutôt chinois!), et les momos, notre petite faiblesse.

Quelques jours plus tard, le réveil sonne à 5h15, dans une demi-heure nous partons en 4×4 en safari! Jusqu’à environ 10h du matin. Ça peut le faire pour les petits, ils tiendront le choc.

On embarque tout excités. Notre guide à l’air de vouloir nous expliquer beaucoup de choses. Ça tombe bien, on est là pour ça. On commence à déchanter quand on se rend compte que nous sommes un bon paquet à être en safari ce jour là, tous avec des agences différentes. Une jeep, c’est déjà pas spécialement discret alors 20 jeeps je vous dis pas.

On déchante encore un peu plus quand on apprend que nous prenons tous le même chemin goudronné à travers le parc. (Interdit de descendre de voiture, ça se comprend).

Mais quand on réalise que nous sommes la dernière jeep parce que tout le monde nous double, on sait que c’est mort.

Alors on regarde les oiseaux que notre guide semble particulièrement affectionner. On aime aussi mais ça ne nous fait pas le même effet que croiser un éléphant ou un tigre.

Pourtant il y a du passage!

On a vu une trace de griffure et de patte de tigre…

Il semble que personne n’ait vu un animal ce jour là, mais ce dont on est sûr c’est que nous avons la palme en ce qui concerne les volatiles!

C’était une jolie petite balade et les enfants ont été cool, c’est ce qu’on retiendra.

La Holi arrive! Vous savez, la fête des couleurs! Alors on ne bouge pas nos fesses de cette petite ville dans laquelle nous sommes, et on attend de vivre ce moment en Inde. On ne l’avait pas prévu, et c’est une bonne nouvelle de savoir qu’on est là au bon moment.

La Holi est une des plus anciennes célébrations en Inde. Elle symbolise à la fois l’arrivée du printemps et la célébration de la fertilité.

Et quand ce jour là, nous sommes allés nous balader en ville, tout le monde avait son petit pochon de pigment de couleur, et s’en est donné à cœur joie de nous dessiner un trait sur le front et nous souhaiter une « happy Holi ». Nous avions nos munissions nous aussi et bien sûr, c’est bon enfant, les choses dégénèrent et tu te retrouves peinturluré de la tête au pied!

En revenant à l’hôtel, le patron nous a invité à partager la fête avec sa famille. Nous sommes allés dans son quartier et avons assisté à une danse traditionnelle des femmes ainsi que des chants, c’était chouette.

C’était sûrement pas l’explosion des grandes villes mais pour le coup c’était parfait pour notre petite famille!

Happy Holi, mission réussie!

Nous sommes à cette instant proche de la frontière du Népal. On se demande donc ce qu’on fait. Maintenant ou plus tard?

La perspective de devoir perdre autant d’énergie lors de nos déplacements ici nous pousse à faire un petit break et aller voir ailleurs! Je pense que l’article parle de lui même, l’Inde n’est pas le pays dans lequel il nous est le plus facile de prendre nos marques et de voyager. Rien n’est perdu, nous revenons plus tard et retenterons l’expérience.

Je posterai un message dans la foulée, nous avons déjà plein de choses à raconter en à peine 2 semaines au Népal. Alors si vous voulez savoir comment on a pris notre revanche sur le Jim Corbett park, rendez vous très bientôt!

Bisous à vous !

Pakistani style!

On en a mis du temps à se décider… Une semaine à réfléchir à notre itinéraire…

Reprenons au début…

L’Iran… le bateau et la corruption, le froid, les copains de Dubaï qui nous manquent, les enfants malades, Gaël qui ne dort pas, Ju qui tombe malade à son tour, la fatigue… Grosse perte d’énergie.

On apprend qu’il y a de fortes tensions entre le Pakistan et l’Inde.

Nous nous posons énormément de questions sur la route à venir et tous les inconvénients qu’elle comporte.

Le Baloutchistan à traverser (zone pakistanaise où les talibans ont établi leur camp), l’Inde surpeuplée, les problèmes entre le Pakistan et l’Inde, et à nouveau la galère pour obtenir les visas pakistanais pour le retour. Et oui, il faudra faire tout ça 2 fois. On pense à changer nos plans, partir vers les grands espaces, le Nord, mais il fait froid…

Alors on va se vider la tête, à côté de Kerman, dans le désert de Lut, (Dasht-e-Lut), qui signifie désert du vide.

Vous voyez Polo??? Tout à gauche, infiniment petit …

On est bien… Mais on ne sait toujours pas quelle décision prendre.

Puis sur la route du retour, on traverse ça:

Moral en berne.

Nous passons à nouveau 2 jours à Kerman, et…On se réveille un matin, reposé, on le sait. On file au Pakistan. On remballe tout, on fait des provisions (3 jours de route sous escorte nous attendent, c’est pas le moment que les placards soient vides !), et on allume le moteur. C’est parti !

Ce que je ne détaille pas, c’est qu’on s’est bien rencardés sur la situation au Pakistan et qu’on n’y va pas à l’aveuglette. Si on y va, c’est qu’on peut y aller.

Première étape: Traverser le Baloutchistan Iranien, et dormir à Zahedan, dernière ville avant la frontière. Nous sommes en contact avec Mr Hamid, qui travaille au ministère du tourisme dans la région et qui nous épaulera dans notre passage frontière.

Il nous accompagne là bas le lendemain, nous aide pour la paperasse, tout se passe nickel. Puis nous passons côté pakistanais. Et tout est clair, pas comme à certains postes frontière. Nous sommes directement pris en charge. Vous allez ici, puis ici et enfin là. Une escorte nous attend et nous accompagne.

Ça y est, on est dedans.

S’ensuivent des kilomètres et des kilomètres, avec des levies à nos côtés, à passer les points de contrôle.

Le Pakistan prend soin de nous.

Nous n’avons rien demandé mais des anges gardiens veillent sur nous jours et nuits durant toute la traversée du Baloutchistan…

En arrivant à Dalbandin, premier point de chute, nous avons même droit à une cérémonie rapide mais officielle où on nous remet des casquettes floquées du drapeau du pays ! On est comme des dingues, ça flash en rafale !

3 gardes resteront devant Polo toute la nuit, dans la cour d’un hôtel. Nous passons une partie de la soirée à discuter. Pour eux, il n’y a pas de problème ici, ils nous protègent parce qu’on est étranger et qu’ils veulent prendre soin de nous. Mmm… vraiment?!

Le moindre de nos déplacements, même pour aller faire pipi, est surveillé.. Gaël les rend fou, il court partout….

Nous changeons régulièrement d’escorte, tous les 20 ou 30 kms. Au check point, on relève nos numéros de passeports, et ils prennent une photo de notre famille, parfois de la plaque d’immatriculation de Polo. Nous sommes tracés.

Les armes peuvent impressionner, mais il faut le vivre pour le croire, ces hommes sont d’une gentillesse infinie, l’habit ne fait pas le moine. Les enfants s’amusent beaucoup avec eux. Nous n’éprouvons aucune crainte, c’est même le contraire. Nous passons des moments très fort et nous nous lions avec ce pays qui sourit avec le cœur. Vous l’avez compris, nous vivons un moment extraordinaire malgré ce qui s’y passe et surtout ce qui se dit.

Ca déboussole un peu tout ça ! On s’attendait à du dur, et nous voilà avec le cœur qui fond…

Quetta sera l’étape la plus impressionnante.

Nous y arrivons après 2 jours de route. Nous avons parcouru 700kms depuis la frontière. On nous arrête à l’entrée de la ville, on attend… 4 motards qui encadrent le camping-car, en plus de l’estafette. On traverse à grand coup de klaxonne, tout le monde doit nous laisser passer. Le temps d’une pause pour changer d’escorte, une foule de badauds se crée. Ils sont chassés à coup de matraque. Ça, on n’aime pas.

Nous restons dans la cour d’un hôtel choisi par notre escorte, et n’avons pas le droit de sortir seuls. On atteindra l’apothéose quand Ju veut aller faire des courses, et que 8 motards armés jusqu’aux dents encadrent le pick up dans lequel il se situe, alors qu’il y a déjà 3 hommes en armes à ses côtés. Ça, c’est le côté pas glop du tout, on a vraiment envie de quitter cette ville.

Après Quetta, c’est plus cool, on ne s’arrête plus à chaque Check point, mais on continue de rouler, et rouler encore. Parfois de 9h du matin à 19h le soir, avec peu de pauses. La mécanique est bien huilée, l’escorte suivante est prête à démarrer à notre arrivée, même pas besoin de s’arrêter.

Nous dormons dans un poste de police, puis négocions la fin de l’escorte le lendemain après midi. Fini les armes, on passe à un autre registre !

C’est comment le Pakistan !

Et bien c’est extraordinaire! La population est égale aux escortes! Quand on s’arrête quelque part, la première chose qu’on nous dit, c’est « on n’est pas des terroristes! » Les gens sont inquiets de ce qu’on va rapporter du pays. Que du bon! Ce n’est évidemment que notre avis personnel, mais nous vivons ce moment en famille heureuse. Tous ces moments partagés ensemble nous soudent, c’est très fort.

Pour le reste, nous sommes entrés dans un autre monde. On a déjà l’impression d’être entrés dans un autre monde depuis la Turquie, puis à nouveau en Iran, et encore aux Émirats. Mais là c’est différent. C’est ça qu’on cherchait! Ces sensations là j’entends.

Sur la route, dans les villes, c’est un encombrement de voitures, camions, tracteurs, vélos, motos, tuk-tuk, charrettes tirées par un âne ou un dromadaire. Un vrai capharnaüm! Ça klaxonne, double par la droite, la gauche. On roule à gauche d’ailleurs! Franchement, Ju s’en sort super bien, moi j’oserais pas prendre le volant. Sûre que je renverse quelqu’un et casse Polo.

Ici, ils aiment décorer, ce sont des pros, on appelle ça le « truck art ». Mais il n’y a pas que les camions qui y passent, les tracteurs aussi. Alors Pablo pense à nos copains Yann et Odile (Chevriers de notre village) et veut leurs ramener quelques décos…on verra ça !

Pardonnez la qualité des photos, elles sont prises à la volée, on ne badine pas quand on est sous escorte!

Nous traversons le Pakistan sous la pluie, et le pays se transforme littéralement en marée de boue. Polo s’est fait une couleur, il est marron.

Nous dormons dans une station service. On nous demande si on est terroristes! On n’a pas d’escorte! Mais c’est qui les terroristes!!!!🤣 La bonne blague !

Maintenant que nous sommes libres, nous nous arrêtons dans une station de lavage. Juste à côté d’un espèce de bidon ville. On crée l’attroupement. Les enfants nous encerclent, ils veulent tous être pris en photo, se battent, mais c’est un joli moment. 2 petits blondinets face à une foule d’enfants basanés. Les fillettes sont d’une extrême beauté… si photogéniques!

Les enfants sont quand même méfiants, et Pablo surveille Gaël de près. C’est assez touchant.

Les choses se sont envenimées entre le Pakistan et l’Inde et le risque d’une fermeture de frontière est assez élevé en ce moment, alors nous choisissons de passer en Inde. Nous reviendrons te voir au retour, cher pays, et profiterons mieux de toi, c’est une promesse!

C’est ainsi que nous sommes arrivés en Inde!

EN INDE!!!!! Ouahou! Nous n’en revenons pas d’être là!

C’est comme si nous avions réalisé quelque chose. Mais nous avons réalisé quelque chose! 30 000kms bientôt depuis le départ de Fay, et 8 mois de voyage derrière nous.

L’aventure n’est pas finie bien sûr, mais c’est un cap, et pas n’importe lequel que nous avons franchi!

Asie de l’Est, nous voilà !

Portez vous bien, nous sommes remplis d’amour! Nous vous aimons!

La bise de l’Est !!!

Pour suivre notre itinéraire c’est ici 😉

Chats roulent

Quand tu crois faire un passage rapide aux Émirats…

Et que finalement, tu y passes un mois…

Commençons par le commencement…un passage de douane rapide et sans encombres! C’est juste pour ça qu’il mérite d’être mentionné! Puis quelques jours à vadrouiller dans les endroits que nous connaissons déjà de la côte est, Fudjayra, Al-Aqah, avant de piquer sur Al-Ain.

Petite visite au zoo,

puis au marché aux dromadaires. Un dromadaire comme animal de compagnie! Pour jouer avec les enfants, pourquoi pas! Il se plairait peut être en France, et ce serait chouette les balades à dos de chameau! On finit par se résigner, il ne rentrera pas dans Polo, et puis ça coûte trop cher! Dans les 10000 dirhams la femelle standard pleine de lait (diviser par 4 pour avoir les euros) et ça va jusqu’à plus du million pour le mâle de compétition…

Le dromadaire aux Émirats est une passion. On l’utilise pour son lait, sa viande, mais ce sont surtout les courses de dromadaires qui sont réputées. Il y a un hippodrome dans chaque grande ville et les courses sont fréquentes. Nous avons vu quelques entraînements seulement.

Comme on est en mode voyageurs actifs, on part ensuite du côté d’Abu Dhabi faire une balade en vélo dans les dunes. 30 kilomètres avec rien d’autre que du sable à l’horizon (ou les cyclistes qui te sont passés devant !).

Une petite pause s’impose!

Tu jettes ton vélo et tu cours dans les dunes !

On a trouvé ça un peu fou fou cette piste cyclable en plein désert. Il y a 4 circuits de tailles différentes, chaque piste est bordée de lampadaires solaires espacés de quelques mètres seulement, qui éclairent toute la nuit ! Un petit tractopelle passe plusieurs fois dans la semaine déblayer le sable et laver le sol…Je ne parle pas du lac artificiel créé le long de la piste (pas fini d’ailleurs) ni de l’entretien journalier des arbustes qui bordent le circuit (un camion citerne par jour juste pour le petit coin où nous nous sommes installés.) M’enfin, il y a le pétrole à Abu Dhabi… Ça aide les finances, au diable le respect de la nature !

Notre but de ce séjour ici, c’est le désert de Liwa, en dessous d’Abu Dhabi, environ 250 kilomètres de route à travers les dunes aux couleurs changeantes. Elles peuvent passer du doré au rosé suivant les endroits et la lumière, et quand le vert des palmiers vient s’y ajouter, c’est un joli spectacle à voir.

Nous posons le campement au pied des dunes de Moreb (qui veut dire montagne effrayante), une des plus haute dune du monde, elle culmine à plus de 300 mètres d’altitude.

Vous voyez Polo là-bas au loin (photo ci dessus)? Mais si, à droite dans la zone blanche…Tout petit, tout petit, tout petit!

Il n’y a que le silence pour nous tenir compagnie (quand les enfants sont couchés!)… Dès le réveil on ne pense qu’à aller se balader.

On veut d’abord vérifier que Polo n’est pas ensablé… Mais le désert a un prix! Et nous sommes effectivement « pris » au piège ! Rien de très grave mais nous avons besoin d’aide. Un 4×4 se rapproche, je lui fais signe.

C’est Ali, un Émirati qui se rend à son travail. On se demande bien ce qu’il peut faire comme boulot dans les parages, c’est le vide intersidéral ici. Nous en apprenons plus, il bosse pour une compagnie de gisements de pétrole. Mmm…Ainsi nous savons où se trouve le pétrole aux Émirats! Ca ne nous rend pas plus riche pour autant.

Le temps d’aller se promener et il revient nous aider, il n’a pas le matériel approprié avec lui.

Zou, c’est parti! Elles ne sont pas effrayantes du tout, ces dunes, malgré leur nom. Nous on y voit un terrain de jeu infini, où on peut courir, se rouler, grimper, glisser ou simplement admirer le paysage et les enfants s’amuser.

Un regret tout de même, ce n’est pas que notre terrain de jeu à nous, c’est aussi celui des 4×4, quads et motos. Ce n’est pas qu’ils nous dérangent, non, nous sommes seuls au monde, mais nous voyons les traces de leurs passages par les nombreux déchets laissés au sol. Une honte. C’est aussi dangereux pour les dromadaires qui peuvent ingérer le plastique.

Le temps de redescendre approche, Ali revient avec son supérieur, Tim, un Américain. Polo est dégagé en 5 minutes. On papote tous ensemble un bon bout de temps. Ali finit par nous inviter et on accepte volontiers.

Il nous accueille dans sa ferme et nous bichonne, les enfants sont couverts de sucreries, nous devons faire comme chez nous. La buanderie est à notre disposition (hourra!!!) et Nour, son cuisinier nous mijote de bons petits plats. Les voisins Yéménites jouent de bon cœur avec Pablo et Gaël.

Ali nous propose un tour dans le désert avec son 4×4 pour essayer d’apercevoir les gazelles. On profite de l’instant, c’est une première, on ne s’est pas offert ce luxe là de tout notre séjour ici, ainsi la boucle est bouclée ! C’est très impressionnant! Et quand on tombe sur un troupeau, tout le monde à la banane.

Oui, il envoie du steak le 4×4 d’Ali, on ne sait pas si on doit se déchausser avant d’y monter! Et il fait corps avec le sable, c’est assez impressionnant. Quand je lui dit qu’il est pas mal son véhicule, il me répond que « c’est juste pour se balader dans le désert »!

Nous passons une soirée festive tout en lumière et musique, le tout accompagné d’un bon repas: des bécasses au barbecue.

C’est le moment où nous échangeons le plus avec notre hôte, qui nous laisse effectivement faire comme chez nous et est plutôt discret en journée.

On a promis de se revoir en France, puisqu’Ali à une maison à Évian.

Retour sur Abu Dhabi, on pose nos valises à la piste cyclable et sommes rejoins par Robert, Mélanie et Bruno, la famille allemande avec qui nous avons fait la traversée Iran – Émirats, fraîchement arrivés d’Oman eux aussi.

Nous avons quelques ennuis mécaniques auxquels nous devons faire face. On croyait qu’ici les réparations seraient de qualité, il s’avère qu’un simple parallélisme nécessite plusieurs passage au garage (3), réparation d’un pneu (2)… Puisque n’est bien fait du premier coup.

Alors quand nous réalisons que le support moteur est défectueux et que nous avons une fuite d’huile au niveau des freins arrières, on s’interroge. Le problème des freins est assez sérieux, et ici ils n’ont pas de pièces de rechange pour un vieux Citroën comme le nôtre. D’ailleurs il n’y a pas de Citroën ici.

Julien démonte les pièces et part pendant une journée dans le quartier des garages. Ici c’est comme en Turquie, tout est regroupé dans un même lieu. Il use ses tongs à courir partout et finit par trouver le petit boui boui qui nous fait des réparations sur mesure. A plus ou moindre coût.

Dès le lendemain il remonte le tout, c’est une affaire qui roule, on s’en sort plutôt bien. Robert donne un coup de main pour les freins, Polo est sur patte! Ouf.

Les allemands ont de gros problèmes aussi, leur starter est mort, c’est un peu l’équipe des éclopés!

Pendant que papa bosse sur le camping-car en rade, nous on va s’amuser dans les « champs » locaux !

Le temps passe et Pablo souffle ses 3 bougies. Mon dieu qu’il grandit !

Pour l’occasion, il a un petit établi avec des outils parce qu’il aimerait bien travailler comme son papa, et voilà le résultat !

Futur garagiste ?!

Quand à Gaël, il commence à parler plutôt bien et nous fait bien rire, le voilà qui se met à dire entre autres « mon amour! »…véridique.

Ça commence à faire quelques semaines que nous sommes là, alors que nous ne comptions vraiment pas nous éterniser. Pourquoi?

Toujours à cause des paperasses! Pour obtenir le visa Iranien, il faut au préalable faire une demande de numéro d’autorisation par personne. Enfin, côté turc (1er passage en Iran), ce n’était pas nécessaire pour les enfants.

Nous avons fait une demande (pas pour les enfants) avant de quitter l’Oman pour être bon dans notre timing.

Nous avons attendu 2 semaines avant d’obtenir une réponse, j’ai mon numéro mais il y a un problème dans le dossier de Ju, l’agence relance la procédure. Une semaine plus tard il a son numéro.

Nous reprenons la route de Dubaï, heureux de pouvoir faire nos demandes de visas. Mais nous sortons blasés de l’ambassade. Aux Émirats, les numéros d’autorisation sont obligatoires pour les enfants. Relance de procédure, combien de temps cela va t’il prendre encore! Nous sommes dépités. Nous avons fait le tour des Émirats, sommes déjà tournés vers la suite du voyage, et notre budget en prend un coup ici.

Comme nous n’avions toujours aucune nouvelle la semaine dernière, nous sommes retournés à l’ambassade voir si ils pouvaient nous aider car notre agence, perse voyage dont j’ai très envie de faire la pub, n’était pas capable de nous expliquer ce qui se passait. (Les voyageurs qui passent par d’autres agences, ont tous leur num en 3 jours maxi et moitié moins cher que nous!) La dame qui s’occupe des visas nous reconnaît. Comment ça vous n’avez toujours pas vos numéros d’autorisation! Elle appelle le ministère à Téhéran, une demi-heure plus tard nous obtenons nos numéros, et à midi nous repartons, visas en poche ! Oui nous sommes content.

Alors comment avons-nous passé le temps à Dubaï ? En squattant sur une plage, lieu de passage de beaucoup de voyageurs, alors ça défile!

Et presque tous les gens que nous croisons ont des enfants, alors c’est chouette pour les nôtres!

Avec Erik, copain autrichien de Pablo

Robert, Mélanie et Bruno nous on rejoint.

Voici Jula et Fiede, allemands eux aussi. La différence de langue ne perturbe en rien les enfants. Pablo s’amuse à dire « Nicht » (non) à tout va, et Jula quand à elle, s’amuse à dire « non ». Ça pourrait être le mot « salut »! Ou « tiens »! Mais je pense qu’ils passent le plus clair de leurs temps à se dire non! Ce qui est assez drôle (et normal).

Les enfants font copains copains, et les parents aussi, le courant est bien passé entre nous et on espère se revoir l’année prochaine.

Hallo Dany, Andy et Maggie (c’est le chien)

Il y a un soir où on s’est tout de même retrouvés à 8 camions.

Il y en avait de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de provenances diverses (Afrique, Oman ou Iran). Des allemands, des suisses, des hollandais, des roumains, et des français! Oui oui! Une autre famille de camping-cariste, Aventuracinq! Sabine, David et leur 3 enfants! On blablate avec eux, échangeant chacun nos expériences et nos ressentis. Ils prennent l’avion le lendemain pour la Malaisie. Dommage que nous n’ayons pas eu plus de temps, nous les avons trouvé plein d’énergie et de bonnes ondes, à plus Aventuracinq, profitez bien, on se fait une bouffe avec Vincent et Lola à notre retour (et oui, ils se sont rencontrés aussi).

Ce soir là, Christian (de Roumanie, sur la route depuis 9 ans avec sa famille) propose de se retrouver tous ensemble et de faire une petite présentation du projet de chacun, suivi de la projection d’un film (« In 927 km rechts », une histoire de voyageurs en route pour la Mongolie. Vraiment bien mais en allemand par contre. Disponible sur YouTube je crois.) C’était assez sympa et exceptionnel pour nous ! On n’a jamais vécu ça, autant de voyageurs au même endroit, et puis il y a surtout une bonne ambiance entre tous.

J’en étais où déjà ? Ah, pour passer le temps…On se balade dans Dubaï. Quelle ville de fou, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère ! C’est la course à l’extravagance! On est carrément tombé sur une piste de ski au milieu d’un centre commercial.

Puis notre attente a enfin pris fin! Nous avons pris le bateau dimanche et sommes de retour en Iran 🇮🇷. On avance tranquillement vers le Pakistan, prochaine destination ! Nous retrouvons notre vie de nomade, et le froid aussi. Brrrr… Nous avons dû perdre 20 degrés en 2 jours.

Un petit coucou à Tanguy, copain d’enfance de Landerneau à Ju, qui habite à Dubaï, et qui est passé nous rendre visite. Nous sommes partis sans avoir eu le temps de lui dire au revoir, et merci pour ses conseils!

Je profite de ce message pour prévenir que Vincent et Lola sont de retour en France, et qu’ils squattent la maison un petit moment !

Ne soyez donc pas étonnés d’y voir de la lumière, tout va bien !

A bientôt et bises à tous !

Chez les nomades, à la découverte du Sultanat d’Oman

Ce qui nous interpelle immédiatement, c’est le sentiment de tranquillité que nous ressentons en arrivant. Voilà presque 1mois que nous sommes ici, et ce sentiment n’a pas changé. Nous pouvons camper où bon nous semble, c’était déjà le cas depuis notre sortie d’Europe mais ce qui démarque l’Oman, c’est que le terrain s’y prête complètement ! Inutile de chercher une bonne place, toutes les places sont bonnes ! Même si tu es pris au dépourvu, tu t’éloignes un peu de la route et le tour est joué. Nous ne nous contentons pas de cela, et cherchons toujours la meilleure place. Autant faire bien les choses ! Pour vous donner une idée, la densité de population est d’environ 15 personnes au km2…Ce qui laisse de l’air libre! S’ajoute à cela un climat des plus agréable, chaud la journée, frais la nuit, et pas de moustiques. A nous les vacances, car c’est bien à ça que ça nous fait penser.

Dans ce pays se côtoient la montagne, la mer, le désert. La faune et la flore sont généreuses…dromadaires, tortues, dauphins, flamands roses, cachalots ! Oui! On a vu tout ça et avec le plus grand des hasards !!!

Notre passage frontière a encore été folklorique, nous découvrons qu’aux Émirats mon passeport n’a pas été enregistré à l’entrée, 1 heure d’attente pour résoudre le problème, et lorsque nous arrivons au contrôle émigration d’Oman, (là où on fait les visas), le système informatique plante. Nous y avons passé notre après midi! Pour la petite anecdote, nous venons de nous rendre compte qu’ils ont aussi oublié de faire mon visa ici, je suis donc clandestine! Je peux pourtant vous assurer qu’il a été payé!

Nous avons longé la côte au départ, puis nous sommes enfilés dans le pays, dans la plaine de la Batinah, pour découvrir nos premiers wadi aux alentours de Rustaq.

On se rend tout de suite compte que sans être équipé de 4×4 (ici tout le monde roule en 4×4), on ne va pas pouvoir aller partout! Mais on profite quand même pleinement de ce qui nous est donné de faire…

Campement au wadi bani awf, impossible d’y accéder sans 4×4, mais nous avons passé une après midi « scouts toujours  » à préparer un feu de camp!

Et la wadi bani kharus:

Une petite merveille à mes yeux ! Il faut se garer au pied du wadi après avoir traversé une jolie route de montagne, et de là commence une balade en passant par les champs en terrasse du village, les jardins maraîchers soutenus par des murets et l’aqueduc d’Ain Karfas. Nous longerons l’aqueduc pour arriver à des piscines naturelles.

Juste un petit coucou à Joelle et Amandine, 2 suissesses en vacances rencontrées là bas!

Nous regagnons ensuite Mascate, capitale moderne, où nous campons sur une plage près d’un parc. Nous en profitons pour visiter la paisible et magnifique mosquée Sultan Qabus. Nous arrivons à l’ouverture et profitons du calme, mais quand nous partons, les touristes affluent! Beaucoup de bus de croisiéristes en étape ici. Nous avons été approché par des français qui, voyant notre plaque d’immatriculation, nous ont pris pour des super stars! Ils ont même voulu se prendre en photo avec nous à côté du camping-car! C’est là qu’on se dit qu’on a déjà fait un bout de chemin…

Nous sommes allés faire le marché du poisson, là bas le roi, c’est le thon! On n’en cuisine pas souvent et nous avons bien apprécié.

Les villes c’est pas notre truc alors nous reprenons la route par la côte.

Noël approche et nous souhaitons trouver un endroit sympathique pour passer le réveillon. Nos amis suisses rencontrés à Téhéran au parking Khomeini sont en Oman aussi et nous souhaitons passer les fêtes ensemble.

C’est au wadi Arbiyyin que nous trouvons notre place, calme et reposant, avec de l’eau, l’endroit parfait pour que les enfants jouent sans soucis et que nous puissions faire vaisselle, lessives et remplir le réservoir à notre guise. Je vous assure que c’est vraiment pratique d’avoir de l’eau à volonté à portée de main! Notre réservoir de 100l est bien mais à 4 ça part vite!

Nous restons plusieurs jours là bas, jusqu’à ce qu’Esther et Philippe nous rejoignent le 24 décembre!

Pablo est particulièrement excité par l’arrivée du père Noël ! Il faut dire que nous l’avons bien préparé! C’est un plaisir parce que c’est la première fois qu’il est à fond! Alors on joue le jeu! On dévisse la grille du lanterneau pour que le père Noël puisse passer, enlevons la table pour qu’il ait la place de déposer les cadeaux. Les petits ont leurs chaussettes accrochées avec une orange et un gâteau, et nous n’oublions pas le verre de lait pour que Papa Noël se désaltère! Nous faisons bien parce qu’après une douce soirée, et une nuit qui laisse un léger mal de tête 🍾, au réveil le camping-car est bondé de cadeaux!

Gaël a notamment eu un beau jeu de duplo, et Pablo, un vélo ! Il est fort ce père Noël !

La prochaine étape importante a été la plage aux tortues ! Près de la réserve de Ras al Jinz…

Après 2 nuits passées avec Esther et Philippe, nous sommes quelques peu fatigués! Mais Ju trouve tout de même le courage d’aller arpenter la plage de 21h à plus de minuit dans l’espoir de voir une tortue pondre sur la plage. Cette plage est réputée pour ça. Moi je suis trop fatiguée! Et j’ai déjà assisté à ce phénomène extraordinaire en Guyane. Il faut aussi quelqu’un qui reste avec les petits ! Pour le coup, ça me va bien. Ju revient régulièrement au camping car me tenir au courant…et il ne revient pas bredouille. Juste au moment où il se disait qu’il allait aller se coucher, une grosse masse sombre est apparue lorsque la mer s’est retiré…bingo!!!

La dame est monté sur plage, attention ça prend du temps! Elle a choisi son endroit puis a commencé à creuser le sable avec ses pattes… Ju l’a observé un moment, puis n’a pas voulu la déranger trop longtemps. Il faut savoir que si la tortue est perturbée, elle retourne avorter à la mer et les bébés tortue sont perdus.

Une trace de tortue au matin

C’est une veine! Ce n’est quand même pas courant de pouvoir assister à ça! D’autant plus que quand nous étions à l’île de Queshm en Iran, et qu’il était parti pêcher, il avait déjà nagé avec les tortues ! Et nous avait ramené du poisson 👍! On avait d’ailleurs grillé tout ça sur la plage avec nos amis Vincent et Lola, ainsi que Robert et Mélanie,les Allemands.

Revenons en à nos moutons…La côte orientale de l’Oman et ses plages de sable à perte de vue que nous longeons ensuite, roulant très peu la journée. Nous préférons nous reposer et profiter de la plage. Les vacances, je vous dis !

Lors d’un bivouac alors que nous mangeons un midi, nous distinguons au loin dans la mer une masse sombre qui sort de l’eau à intervalle espacé et régulier. Ce ne sont pas les dauphins, c’est plus gros ! Ju gonfle le kayak et part découvrir ce que c’est!

Au bout d’une demi heure sur l’eau, pfffchittttt, à 3 mètres du kayak! Ouahou! Un bateau de pêcheurs était à bonne distance, Il part se renseigner: Un CACHALOT! Retour sur plage, Pablo embarque sur le kayak, on y retourne! super moment partagé avec les pêcheurs!

Pablo est enjoué à côté du capitaine qui rallume le moteur pour éviter les vagues côtières qui arrivent. C’est aussi impressionnant qu’avec Yann dans son tracteur pour lui 😁!

Les pêcheurs nous ont offert pleins de poissons, que l’on a fait griller sur la plage, ils sont même venus nous offrir des boissons le soir et s’assurer que nous ne manquions de rien!

Nous nous engageons ensuite dans une traversée désertique de quelques centaines de kilomètres…Nous roulons 300 km en un jour, c’est rare que nous fassions ça! C’est magnifique mais avec Polo impossible de s’aventurer hors de la route. D’ailleurs les villages que nous traversons ne sont pas goudronnés!

Il n’est pas rare que nous finissions ensablés! Presque un jour sur 2! Sur cette portion de route en tout cas. Mais nous nous en sortons rapidement, il y a toujours un 4×4 pour nous tirer de là.

Je ne vais pas vous décrire notre trajet jusque dans la région du Dhofar (tout au sud), exclusivement par la côte, (ça risquerait de devenir ennuyeux pour vous tous ces palmiers!), ce sont plus de 1000 kms qui séparent les villes de Sour et Salalah! Il y a tout de même quelques temps fort à partager sur ce tronçon, le reste vous le découvrirez en photo.

Le premier au wadi suneik. Petite déception au premier abord puisque nous constatons à notre arrivée que le terrain n’est pas approprié pour Polo, et que nous nous ensablons une fois de plus ! C’est pas grave, on a la main maintenant ! Aidés de quelques indiens baraqués c’est un peu plus facile quand même ! On pose le campement un peu plus loin, c’est tout !

Le wadi se prête à une sortie en kayak familiale, nous avons vu sur notre carte qu’il est séparé de la mer par une bande de sable…Prêt pour l’expédition? C’est parti!

Il n’est pas très long ce wadi, niché au creux des montagnes, il n’y a pas trop de courant, le cadre idéal.

A son extrémité, nous posons les pieds sur une plage inaccessible par la route! Enclavée entre les rochers, le sable est blanc (comme la neige en France !), et la mer turquoise…On la traverse en long, en large et en travers…On y court, on s’y baigne et on se faufile dans les grottes, on grimpe sur les rochers, à 2 doigts de se faire pincer les pieds par les crabes…On s’y amuse l’après midi entière avant de pagayer dans l’autre sens, tout en prenant le temps de batifoler dans l’eau.

Pablo illuminera notre soirée en préparant un feu de camp. C’est d’abord un jeu, « Hé! Regardez, je ramasse du bois et je fais un feu! Gaël, tu viens m’aider?! »

Et pourquoi pas? Tala!!! Nous voilà tous les 4 autour d’une bonne braisée. Et un invité surprise se glisse parmi nous, George, de République Tchèque en vadrouille dans le coin.

Des moments simples, tous ensemble. Là, on se dit qu’on est bien.

Et le graal du voyage c’est quand même les dauphins, l’expérience inoubliable partagée avec eux.

Les côtes à l’approche de Salalah sont réputées pour être largement fréquentées par les dauphins. Ça tombe bien, c’est notre route. On s’arrête sur une plage… je vous le donne en 1000… sable fin, blanc et eau turquoise. Mais pourquoi le sort s’acharne t’il comme ça sur nous !? Piste ok pour Polo, allez on s’installe ! Objectif, nager avec les dauphins parce que c’est ça le petit secret de cet endroit. Les voir, c’est chouette! Mais nager avec eux, c’est autre chose !

Les enfants s’amusent avec les pelles, les seaux, les camions et nous, ce n’est pas eux qu’on fixe pour une fois, mais l’horizon !

Ça ne mettra pas longtemps avant que Julien ne pousse son premier cri de guerre ! « Ils sont là! » On est un peu comme des fous, on court sur la plage, nos bambins sous les bras, qui se demandent un peu ce que c’est que ce bazar.

Pablo voit bien les dauphins au loin, mais les crabes sont plus concrets pour lui, et il adore leur foncer dessus pour les faire fuir à toute berzingue.

N’empêche que pour avoir une chance de nager avec les mammifères, faut se mettre à l’eau ! A toi l’honneur, homme. Moi je verrai plus tard! La mer est pas mal agitée de ce côté. Les bretons, l’eau, ils maîtrisent !

Ce ne sera pas pour cette fois, on sent bien que les dauphins restent au large et gardent leur cap mais ils rôdent dans les parages tout l’après-midi. Pour finir, Julien se décide à aller voir de plus près avec le kayak. Il est 17h, la mer est calmée. Pablo embarque avec son papa, une affaire d’homme je vous dis. Gaël est dans le porte bébé, on admire les marins au loin! Les dauphins leur passent devant…zut alors! Et puis font soudainement demi-tour! S’approchent du kayak…et Ouahou! Un dauphin saute à côté de l’embarcation! Puis un autre de l’autre côté! Magnifique! De loin en tout cas! Alors de près…

ils restent un peu à tourner autour et poursuivent leur route. Pablo et Julien reviennent contents! Un peu rêveurs…oh je comprends! Même de loin ça m’a parlé. « Maman, le dauphin, il a sauté à côté du bateau! », avec sa petite bouche en cul de poule, j’aime.

Cette affaire n’en restera pas là ! Dès le lendemain en début d’après-midi, les copains reviennent! Leur attitude est complètement différente, comme s’ils se promenaient, où venaient chercher les garçons, tranquillement. « Eh, les gars! Vous venez jouer avec nous ? »

Réponse positive bien entendu, c’est ce que nous sommes venus chercher.

Julien va à l’eau. Oui bon il s’avère que j’ai les pétoches, ce n’était pas au programme. La magie opère, ils passent une première fois devant et se retournent soudainement pour foncer droit sur Ju! Impressionnant, mais la première chose qu’il ressent est que ces animaux sont très prévenant et d’une grande douceur. Ils s’arrêtent avant de l’approcher puis lui passent partout autour, dessous. Ils sont très nombreux malgré le peu d’ailerons qui sortent de l’eau. 4 en surface, et peut-être 10 sous l’eau !

J’aurai ma chance aussi un peu plus tard quand la mer se calme. Je me lance. On dirait qu’ils m’attendent, ils ne bougent pas, pas très loin du bord. J’ai le cœur qui tape fort dans la poitrine, je suis certaine qu’ils l’entendent de là où ils sont ! J’arrive à les approcher à une dizaine de mètres mais je n’irai pas plus loin. Ils restent à jouer, je peux les admirer. Je suis déjà très contente de ça. La mer s’agite à nouveau, je regagne la terre. Si nous avions pu aller ensemble nager avec Julien, j’aurais été plus rassurée. Pablo et Gaël ne vont pas se garder tout seul ! C’est ainsi et ce n’est pas grave.

Julien et les dauphins s’amuseront longtemps ensemble, peut-être 2 heures (entrecoupées). Un petit jeu s’installe entre eux, il suffit qu’il clapote des mains et ils arrivent.

Nous sommes restés 5 jours là bas, ces moments sont les plus intenses de cet échange.

Nous atteignons ensuite le Dhofar et la ville de Salalah, situé entre le Yémen, la mer d’Arabie. Nous approchons de la limite d’extension des visas, notre délai de 1 mois ici sera écoulé dans quelques jours. On se demande si nous prolongeons ou si nous sortons du pays. Au vu de la route que nous prévoyons encore de faire, et des délais à tenir pour respecter les dates d’entrée dans les pays à suivre, nous décidons de quitter l’Oman. Avec des regrets, puisque c’est un charmant pays où nous avons pu associer le mot vacances à celui de voyage. Une parenthèse reposante.

Je ne clôturerai pas ce chapitre sans parler des Omanais, avec qui le contact est très respectueux. Jamais envahissant, toujours de service (on nous a dépanné pas mal de fois !), et généreux avec les enfants. Les sucreries, ça continue ! Et pour la petite anecdote, ce sont quand même de bons flemmards ! Ils se plantent avec leur 4×4 devant les boutiques ou resto, klaxonnent, le commerçant arrive à la portière, ils passent commande et attendent qu’on leur ramène le tout! Facile, hein!

Par contre, pas de trace de femme, enfin très peu. Elles sont à la maison. Nous avons rencontré une fois deux filles, avec qui l’échange n’a pas été facile à cause de la barrière de la langue. A ce que j’ai compris elles ne faisaient pas grand chose et nous n’avions pas le droit de les prendre en photo parce que dans ce coin là, ça ne se fait pas. Julien parlait avec les hommes, et moi j’étais avec elles. Dommage !

Nous avons aussi eu nos premiers échanges avec les indiens, pakistanais ou népalais qui tiennent la plupart des petits commerces ici. Quand l’herbe est plus verte ailleurs !

Nous sommes actuellement sur la route intérieure de l’Oman, à traverser une plaine désertique de plus de 1200 kms avant d’atteindre la frontière. Une demi tempête de sable nous accompagne pour notre remontée, pouh!

Ce n’était pas prévu d’espacer encore autant les articles mais le réseau internet a encore fait des siennes.

J’en profite pour glisser la carte géographique qui retrace notre parcours ! Enfin! Pour la voir, cliquez ici: Chats roulent!

Nous vous souhaitons à tous une excellente année 2019! Que votre vie soit belle et en santé ! A bientôt!

Bienvenue aux EAU!

EAU: les Émirats Arabes Unis!

Le changement avec l’Iran est radical!

Presque reposant… Ça ressemble à l’Europe dans le sens où tout est fixe, pas trop de marchandage, pas trop d’embrouilles pour les prix, c’est clair, c’est net, c’est précis.

Au placard le voile, à moi les bras découverts, les jambes à l’air, le maillot sur la plage, comme c’est beau la liberté. Une bonne bière fraîche, des supermarchés approvisionnés en tout, ce serait presque le bonheur. Je ne vous parlerai pas du prix du bonheur, je dirai juste que ce n’est pas donné!

Nous passons notre première nuit sur un parking à côté d’une plage à Sharjah, pas très loin du port et faisons la connaissance de Poutti, un Emirati bien sympathique qui tient une sorte de café réservé aux hommes.

Il prend soin de nous et offre d’énormes sacs de gâteaux pour les enfants. Nous restons plusieurs nuits là bas et le dernier soir Poutti nous offre le repas, un plateau de viandes, salade et sauces délicieux!

Nous avons pris le bateau à Bandar Abbas pour venir ici. Pas envie de parler du bateau, c’est une énorme fumisterie. (3 jours pour essayer d’obtenir un prix, une journée complète de papiers dans le port, un billet finalement vendu au moment de l’embarquement bien plus cher que les tarifs locaux (mais moins cher que certains prix trouvés sur d’autres blog, d’où l’avantage de faire des recherches avant) et la moitié du prix qui part dans les poches du vendeur.)

Nous voyageons de nuit, et pouvons dormir dans le camping-car dans la cale ouverte. Par contre le bateau est pas mal, petit mais propre, les repas sont compris. Nous sommes toujours avec nos amis allemands et on rencontre d’autres voyageurs à vélo, un couple français avec leur fils un peu plus petit que Pablo. Au matin, l’allée devient une petite crèche internationale, c’est cool de voir tous ces enfants jouer ensemble.

Il faudra encore presque 5 heures pour faire les papiers d’entrées aux Émirats, on n’en peut plus. Avec Mélanie nous nous occupons de nos petits, et les hommes font les papiers. Vieille habitude iranienne! (Je plaisante mais y’a un fond de vrai).

Ici nous faisons les gros travaux, changer les 4 pneus qui fatiguent, on se rachète un frigo. C’était nécessaire.

Visite de la tour Burj Khalifa, la plus haute du monde. Vue à 360 degrés sur Dubaï, et un petit tour rapide dans un centre commercial pour se rendre compte de la folie de cette ville, de ce pays.

Nous nous séparons de Robert, Mélanie et Bruno (que nous reverrons sûrement en Oman) et décidons de visiter le pays par le nord avant de rejoindre le Sultanat d’Oman, nous ferons le Sud lors de notre passage au retour.

Le bivouac est facile, nous pouvons nous installer où bon nous semble! Au bord des plages en plein Dubaï, dans la montagne. Les gens sont gentils, on nous laisse faire ce que bon nous semble.

Quel drôle de pays, le maître mot serait la démesure! Tout est extraordinaire, dans le sens hors de l’ordinaire! Tout est neuf, moderne, rien ne se ressemble et tout est fou! Dans le centre commercial, on a vu un cascade, un aquarium, une patinoire, des centaines de magasins. Décoration de Noël à plein tube, ça c’était chouette pour les enfants.

La population est hétéroclite. Emiraties, Indiens, Pakistanais, Bangladais, expatriés, toutes les nationalités se côtoient. Tu peux trouver une femme en burqua à côté d’une autre en string sur la plage, et du porc au supermarché. Fait péter ton saucisson!

Depuis que nous avons le frigo, on revit! Plus la peine de courir au market tous les jours. Ça aussi c’est le pied.

Voilà pour les nouvelles, elles sont bonnes!

J’en profite pour vous glisser l’adresse du blog de Lola et Vincent, dont je vous ai parlé dans nôtre dernier article, un blog rempli de photos et plus détaillé que le nôtre! Un petit coucou pour eux, on a bien l’ennui: https://vivelevant.com

Merci Vincent et Lola pour votre commentaire sur le dernier article du blog qui nous a beaucoup touché. Nous avons rencontré des français à « Comédie » comme dirait Pablo, nous avons maintenant des Amis! La Turquie c’est pas pour tout de suite notre route continue à l’Est mais on se mettra bien dans l’Ain ou à Grenoble 😉!

Nous fêterons Noël en Oman, où nous sommes arrivés depuis quelques jours. Eh oui, les Émirats c’est bien mais un peu trop cher pour notre porte monnaie !

Entre gilets jaunes et préparation de Noël, vous devez être bien occupés en France !

Nous pensons bien à vous !

Un mois sans nouvelles, mais qu’est ce qui se passe!

Plus d’un mois que Nanou et Marie Aline sont parties, pas de messages sur le blog et nous faisons les morts…Mais qu’est ce que c’est que ce bin’s!!!

Allez, on vous explique tout…

D’abord nous avons rencontré beaucoup de problèmes au niveau du téléphone, carte sim qui ne fonctionne plus, VPN qui nous lâche (pas possible d’aller sur le blog sans le VPN, censure oblige).

Et depuis que nous sommes arrivés en Iran, c’est la galère pour nos papiers. Sortis d’Europe (et Turquie) il nous faut obtenir nos visas pour entrer dans les pays suivants. Certains ne sont pas facile à avoir. C’est le cas pour le Pakistan et l’Inde, où il faut faire sa demande dans les ambassades respectives en France.

Logiquement nous aurions dû faire ça avant de partir, mais la perspective de passer par le Pakistan ne nous enchantait pas et nous voulions échanger avec d’autres voyageurs avant de nous lancer. Et puis j’avoue que je pensais pouvoir obtenir nos papiers le long de la route…Ça a fonctionné pour l’Inde, que nous avons obtenu à l’ambassade indienne de Téhéran en 9 jours.

Pour le Pakistan, ça s’annonçait mal. Il est bien possible de faire son visa à Téhéran, à condition que l’ambassade de France vous fournisse une lettre stipulant l’authenticité de vos passeports. Ils n’ont jamais voulu nous la donner…

Alors nous avons profité du départ de Nanou pour lui glisser nos passeports dans les valises (je la remercie vraiment au passage pour tout et l’embrasse).

De retour en France, ils sont partis chez VSI, agence intermédiaire spécialisée dans l’obtention de Visa, puis à l’ambassade du Pakistan. Ça a l’air simple comme ça mais ça ne l’a pas été !

Il n’était pas certain d’abord que nos demandes soient accordées, il faut ensuite pouvoir se faire livrer les papiers (l’envoi de passeports par poste est interdit) et en Iran, alors là c’est le ponpon!

Et le temps que tout ça se fasse…on a attendu 21 jours….Avec des sueurs froides! par exemple lorsque Nanou nous a appris que l’Iran bloquait tout envoi postal vers son pays. Juste au moment où elle devait nous envoyer les passeports. DHL, UPS, rien ne fonctionnait. Il faut dire que depuis les déclarations de Trump, les relations déjà tendues entre Américains et Iraniens sont carrément devenues explosives. Nous sommes d’ailleurs tombés en pleine manifestation anti-américaine à Téhéran, on ne faisait pas les malins, d’autant plus qu’on n’avait pas nos passeports pour prouver notre identité !

Ça vous donne une idée du point de vue du gouvernement….

Revenons en à nos moutons…Nous n’avions donc plus de transporteurs pour nous livrer notre colis illégal!

On s’est tourné vers Chronopost! Et on a le cul bordé de nouilles, oui oui je le dis, on a le cul bordé de nouilles! On a reçu nos passeports. Ça relève du miracle! Déjà parce que notre colis a été ouvert à Dubaï et est passé ! Et ensuite parce qu’à l’heure où je vous parle, PLUS AUCUN TRANSPORTEUR NE LIVRE EN IRAN.

Voilà, c’est fait! La route est ouverte pour nous! L’aventure continue!

Et qu’est ce qu’on a fait pendant 21 jours à Téhéran! Ben, on a passé le temps comme on pouvait. On a visité la ville grosso modo…

On a surtout passé du temps avec nos amis Mohamed et Leyla, toujours là pour nous. Nous avons même squatté devant la maison de Mohamed les derniers jours. On a été reçu comme des rois, et nous avons eu l’honneur de faire connaissance avec leurs familles.

A gauche les parents de Mohamed, À droite Leyla, Muguet (oui comme notre Muguet français, la nièce de Mohamed), et Mohamed.

Ça c’était pour les rencontres locales. On a fait d’autres rencontres de voyageurs!

Sur notre parking Khomeini (comédie comme l’appelait Pablo), il y a eu du passage! Esther et Philippe, un couple de suisse qui va en Afrique du Sud, et Vincent et Lola, grenoblois en route depuis 3 mois. Vincent et Lola, ça a été un peu notre bouffée d’oxygène quand on en a eu ras le bol de Téhéran.

Ensemble nous sommes allés dans le désert de Maranjab, le même où nous sommes allés avec Marie Aline et Nanou, mais on a poussé plus loin.

A nous le désert de sel, de sable, les dromadaires. C’était vraiment cool.

Vincent et Lola (au Caravansérail de Nanou et Marie Aline)

Le désert de sel

Et le désert de sable, Vincent a un drone ce qui nous permet d’avoir de supers photos!

Il y a eu aussi les chaperons bougent, famille en camping-car sur le retour. Ça nous a fait du bien de rencontrer du monde et d’échanger nos expériences respectives.

Tout ça c’était pendant notre attente. Une fois nos visas en poche, nous avons vite repris le volant de Polo, et tracé au sud. Un peu dur de quitter Muguet, Mohamed et Leyla mais le soleil et les palmiers du sud nous tendaient les bras! On ne se rend sûrement pas compte sur les photos, mais dans le Nord ça commence à cailler sévère.

C’est sur l’île de Qeshm que nous sommes allés, et oh! Quel hasard ! Vincent et Lola étaient là bas ! Une petite semaine à nouveau en leur compagnie, à se détendre gentiment au bord de l’eau, toujours avec nos copains les dromadaires.

Changement climatique radical! Dur de supporter d’être aussi couvert! (Non mais, jamais content!) Il est interdit pour les femmes de se baigner en maillot, alors je regarde seulement les enfants avec envie, en sueur sous mon voile, et je vous parle pas de l’état du t-shirt !

On a rencontré Robert, Mélanie et Bruno, leur petit de 1 an, ils sont allemands.

Tous ensemble nous avons trouvé une petite plage bien perdu où nous nous sommes sentis libres!

Quoi!? Lola en maillot ? C’est presque indécent 😉!

Et la suite, c’est quoi? Et bien vous le verrez plus tard, na! Nos amis allemands et nous prenons la même direction tandis que Vincent et Lola reprennent tranquillement la route du nord, victimes de l’embargo en Iran, ils n’ont pas pu recevoir leur carnet de passage en douane indispensable pour aller plus loin.

Voilà, l’Iran s’achève pour nous !

Une petite conclusion s’impose sur ce pays magnifique et particulier. Les gens d’ici sont d’une infinie gentillesse, très généreux, et veulent toujours nous aider. Peut-être trop même! Nous avons parfois eu du mal à supporter l’engouement des iraniens envers nos enfants, qui ont été pris en photo sans arrêt. Nous savons cependant que ça part d’une bonne intention.

Et puis un mot bien sûr sur le hijab, tenue règlementaire que j’avoue ne pas avoir vraiment supporté. Je me suis sentie dépourvue de liberté d’abord mais aussi de spontanéité.

Il faut toujours réfléchir à tout! Suis-je suffisamment couverte, mon foulard a t’il glissé? Tu ne peux pas sortir du camping-car tranquillement pour aller mettre ta poubelle ou aller au pain car il faut mettre ton attirail, pas prendre le métro dans les wagons mixtes quand je suis seule (un wagon est réservé aux femmes). Interdiction de danser, de chanter pour les femmes hormis les chants religieux, ne pas serrer la main aux hommes sauf si l’homme te tend la main, bref. Je pense avoir bien vécue à l’iranienne en me mettant spontanément en retrait et laissant Julien diriger les choses, ça s’est fait très naturellement. Pas super…Étrange aussi de vivre au milieu d’autant de femmes complètement vêtue de noir. Tout ça reste mon point de vue bien sûr et mon propre ressenti.

Nous avons passé 2 mois en Iran, c’était une partie un peu particulière du voyage. Le fait d’être resté à Téhéran un moment nous a un peu coupé du mode voyage (itinérant régulièrement) dans lequel nous étions pour nous faire « vivre » vraiment ce pays, d’où mon ressenti de femme peut être?!

Il nous reste beaucoup de choses à découvrir ici car nous n’avons pas vraiment fait la partie en dessous de Yazd mais nous en gardons pour le retour puisque nous repasserons par là.

Nous avons eu le bonheur de voir Gaël faire ses premiers pas, il se débrouille comme un chef maintenant.

On espère que tout va bien en France, nous entendons parler des gilets jaunes jusqu’en Iran. Ici on emploie carrément le mot guerre à la TV pour parler de ce qui se passe.

J’espère que j’ai réussi à vous faire partagé nos impressions, on vous donne des nouvelles dans quelques jours quand nous aurons pris nos marques dans notre nouveau pays!

Un gros bisous à Clet et Alison à qui nous souhaitons bon rétablissement aussi.

Préparez bien les fêtes ! La bise à tous!

10 jours avec Nanou et Marie-Aline

10 jours avec Nanou et Marie Aline, ça commence par une arrivée en retard à l’aéroport ! Non, ce n’est pas l’avion qui avait du retard mais bien nous!

Les retrouvailles, c’est quand même chouette! Elles ont des valises plus grosses et plus lourdes qu’elles (faut voir tout ce qu’elles nous amènent!) et sont bien motivées à passer du bon temps.

Nous passons la nuit sur Téhéran, arpentons le bazar le lendemain et prenons la route vers le sud.

Premier bivouac dans un caravansérail! (Nous passerons le passage où nous nous sommes embourbés en prenant une piste dont nous nous sommes sortis seuls!)

Les filles dorment dans le caravansérail tandis que nous restons fidèles à notre camping-car!

Plutôt sympa pour une première étape!

Nous sommes près de Kashan et y passons la journée suivante. Il y a l’école et mosquée d’Agha Bozorg, un lieu vraiment magnifique à voir.

Et les maisons traditionnelles à visiter.

Et comme la ville est aux portes du désert, et ben on ne se gêne pas pour les emmener dormir là-bas!

Elles dorment dans la tente, et il fait un froid de canard. Quel courage les filles !

Deux couples d’iraniens dorment là aussi et nous apportent thé, chicha et dattes…mmmh…

Depuis quelques jours, nous avons un invité de plus dans le camping-car. Une souris a établi ses quartiers chez nous… On l’entend la nuit quand elle sort de sa cachette pour aller dans les placards de nourriture. Nous nous sommes déjà retrouvés face à face mais ne l’avons pas encore attrapé. Ce soir là, elle finit dans un piège à souris! Et est relâchée dans la nature. Ça fait bien faire rire les iraniens quand Marie Aline arrive avec le piège vers Julien et la souris qui gigote! Nanou est au lit et je ne veux pas y toucher!

Et hop, un petit tour dans le désert le matin, c’est une manière de bien commencer la journée!

On y rencontre un troupeau de chameaux!

Et quand on tombe sur un autre troupeau particulièrement intéressé par le camping-car, c’est le kiffe total, surtout pour les enfants!

Et le désert est un lieu propice aux photos, alors on s’en donne à cœur joie.

C’était vraiment sympa, mais le désert, c’est le désert et on finit par s’ensabler!

Que voulez vous! C’est ça l’aventure! Ça n’a pas duré trop longtemps, deux 4×4 de géologues qui passaient par là nous ont rapidement tirés d’affaire!

La piste a endommagé le porte- vélo qui ne tient plus que d’un côté et le camping-car est rempli de poussière de sable!

Ce sera la partie la plus sauvage du séjour. Ensuite ce sont les villes qui nous attendent.

Les enfants sont très contents d’avoir du monde à bord de Polo!Les trajets sont plus animés! Nanou et Marie-Aline lisent des histoires, jouent. Ju peut piloter ( et moi co-piloter) en toute sérénité!

Ispahan d’abord…nous y restons 2 nuits.

Mais les enfants sont très fatigués et ont besoin de repos, les filles partent donc seules à l’assaut de la ville. Et passent un bon moment!

Je laisserai les filles raconter leur périple, du coup nous n’avons pas vraiment vu Ispahan.

Nous poursuivons notre route vers le sud, entre les villes il n’y a rien…Un paysage désertique, quelques montagnes ça et là…Alors nous roulons d’une ville à l’autre.

Pause à Naein, petite bourgade étrange dotée d’une vieille ville. Un endroit très pieux (n’est ce pas Nanou), où presque toutes les femmes, (voir toutes les femmes!) sont entièrement vêtues de noir. Ce n’est pas le voile intégral mais nous n’en sommes pas loin. Nous ne nous y attarderons pas.

C’est joli mais l’atmosphère y est assez étrange !

Le coup de cœur (enfin le mien), c’est Yazd, dernière étape de notre périple.

La vieille ville de Yazd est un petit bijou. De petites ruelles entièrement en pisé dans lesquelles on se perd avec plaisir, de jolis monuments, les petites boutiques où il ne faut pas rentrer sous peine de ressortir à sec, le cocktail qui me plaît.

Mais comme la ville n’est pas un terrain pratique avec les enfants, nous avons cheminé chacun à notre rythme, tantôt ensemble, tantôt séparément…Du coup les photos suivantes manquent un peu des filles.

On a quand même une belle anecdote à raconter, pas très drôle. Voilà le début de l’histoire, un petit repas au restaurant…

qui finit mal! Pablo est monté debout sur une chaise, la chaise est tombée…Il y avait une fontaine et Pablo s’est ouvert le front sur le rebord de la fontaine. Panique à bord, du sang partout. Les gens du restaurant ont appelé une ambulance qui est arrivée en 3 minutes!!! 8 points de sutures…L’occasion pour Nanou (infirmière) d’aller jeter un coup d’œil aux infrastructures hospitalières iraniennes! Et c’est du joli, tout neuf, hyper bien équipé et rapide!!!

On s’en serait quand même bien passé !

On a eu peur pour Marie -Aline aussi qui s’est ébouillanté le bras avec une bonbonne d’eau chaude dont le robinet à lâché…Le cataplasme de yaourt proposé par les locaux a apparemment bien fonctionné puisqu’il ne reste que quelques cloques.

Nous voilà de retour à Téhéran, les filles seront de retour demain à Brest.

C’est passé tellement vite! Il y aurait encore un tas de choses à dire mais ça prendrait une place folle et je vous perdrais sûrement en route. En tout cas nous avons passé du bon temps et bien profité, c’était vraiment chouette.

Les filles ont pu constater que notre quotidien est légèrement plus fatiguant que ce que le blog renvoie comme image. Les enfants fatigués (et les parents aussi), les aléas de la route et des bivouacs à trouver, les choses qui ne se déroulent pas comme on l’avait prévu, les villes qui sont difficilement praticables avec les petits…Mais on ne va pas tout de même pas se plaindre, nous sommes en vacances!

Merci encore pour tout à toutes les deux… Bon retour au froid et reposez-vous, vous en avez bien besoin !!!

A bientôt !!! Des bisous à tout le monde!