Incredible India!

Quand nous quittons Bardia, une course s’engage pour gagner le nord de l’Inde et les montagnes au plus vite. La chaleur grimpe de jour en jour, c’est insupportable.

Dans la même journée nous quittons une famille attachante; Kiran, Pooja et leurs enfants et passons la frontière indienne.

On se retrouve le soir sous 45 degrés, à cuire sur le parking d’un hôtel. Après la fièvre de Pablo, c’est au tour de Gaël de souffrir de la chaleur. On décide de prendre une chambre climatisée, avec des coupures d’électricité incessantes, mais ça nous requinque un tantinet.

Incredible India. Depuis notre arrivée ici, nous avons retrouvé la population de masse et la circulation anarchique, même si la route que nous empruntons qui passe par Dheli puis Chandigarh est plutôt en bon état.

Il nous faudra 3 jours à rouler non stop pour enfin trouver la fraîcheur. Et en même temps que l’air plus doux, nous retrouvons David et Sylvia, les Italiens sur notre route.

Et ce soir là se produit quelque chose d’un peu fou! Julien est sur son portable, je le vois s’agiter et chasser une bestiole. Puis il se met à crier: (je vous passe les noms d’oiseaux) « Punaise! Y’a une bestiole dans mon oreille!!! ELLE S’ENFILE AU FOND!!!! » Hein?! je me demande quelle mouche l’a piqué, et si il ne devient pas un peu fou. Mais non, vu son état, je peux vous assurer qu’il se passe bien quelque chose. C’est donc un papillon, plutôt gros, qui vient de se nicher au fond de son oreille. On arrive à le noyer avec de l’huile, ça stoppe au moins les battements d’ailes incessants qui le rende fou. N’empêche qu’il n’entend plus grand chose et que c’est déstabilisant (dans tous les sens du terme, l’oreille interne jouant un rôle dans l’équilibre du corps) d’avoir un papillon dans l’oreille. Il est minuit, on est dans la cambrousse, ça devra attendre.

Le lendemain nous avons rendez-vous avec la why not family, famille française composée de Loïc, Mariam et leurs 3 enfants, Edrian, Maëlia et Ntyalé. qui voyagent en gros camion depuis 6 mois. Nous sommes en contact depuis quelques temps et allons tous chercher la même chose, les montagnes!

Nous voilà donc avec les Italiens et les why not sur la route de Manali, ville aux portes du Ladakh. Le Ladakh, c’est le petit Tibet, ou le pays des hauts cols, parce qu’il comprend plusieurs cols dont certains à plus de 5000 mètres. Et ce n’est pas qu’on a des points de vue sur les cols, c’est que la route passe carrément au sommet! C’est là bas qu’une partie du film « 7 ans au Tibet » à été tournée (merci Laura), si ça peut vous aider à visualiser.

On est content de rencontrer cette famille, et que Pablo et Gaël aient des copains pour jouer.

On prend ensemble la route du nord…pour se retrouver coincés dans d’interminables bouchons.

Nous pensions trouver le calme en même temps que le frais, mais il s’avère que ce sont les vacances pour une partie du pays, et que tout le monde souffre de la chaleur et prend la même direction. Le résultat c’est ça:

Et ça va durer pendant des heures, à stationner ou rouler au pas. Il faut garder son sang froid, dès que ça avance un peu, les locaux se mettent à doubler, bloquant ainsi la circulation en sens inverse. Ce qui augmente considérablement les problèmes de trafic déjà existants. Nous choisissons donc de nous extraire de ce fourbît (25km autrement dit 4h plus tard!).

C’est le bordel mais c’est joli!

On trouve une petite place dans un village, c’est une belle aubaine parce qu’à 3 véhicules plus ou moins gros dans ces chemins de montagne, à la nuit tombée, c’était pas gagné.

On décompresse, les enfants aussi parce que rouler pendant des jours entier, ce n’est pas marrant. Et les petits s’entendent bien, on n’a pas eu l’occasion de voir Pablo jouer avec des enfants français depuis longtemps, l’interaction est bonne!

Le répit est de courte durée, on reprend la route dès le lendemain, et si tout va bien nous arriverons enfin à Manali dans la journée.

Plus d’embouteillages, de jolis paysages qui longent la rivière, le tout sous un grand soleil, ça sent bon tout ça.

Le rêve est de courte durée, les why not rencontrent un problème mécanique sur le camion, et lorsque nous arrivons à Manali, on trouve ça :

Des embouteillages. Ben oui, il fait 45 degrés partout ailleurs en Inde, c’est compréhensible que tout le monde migre ici. Les températures sont idéales! Chaud le jour et frais la nuit, on souffle.

Pour l’heure la troupe se sépare. David et Sylvia sont en tête de fil dans les embouteillages et trouvent un parking d’hôtel dans le centre ville, les why not cherchent un garage après la ville et nous, nous devons extraire ce fameux papillon dans l’oreille de Ju. On va dans 2 hôpitaux qui n’ont que peu de moyens. Dans le premier, ils regardent son oreille à la lumière du téléphone, ????!!! Et dans le second, ils voient bien l’insecte mais n’ont pas le matériel pour le retirer.

C’est la fin de l’après-midi, la journée a encore été éprouvante, nous trouvons une place au bord de la rivière pour bivouaquer, avec d’étonnantes lumières sur les sommets.

C’est ici que nous fêterons l’anniversaire de Ju, qui, finit par se débarrasser de son papillon à l’hôpital de Kullu, 40 km avant Manali. Ça commençait à s’infecter, il était temps.

Irmat! Prost! Cheers! Salute! Santé Julien! Fêter ses 33 ans en Inde, on ne l’aurait pas cru un an en arrière. On pensait qu’on serait beaucoup plus proche de l’Europe à ce stade du voyage, voir déjà rentrés.

Nous quittons notre parking pour monter un peu plus haut dans les montagnes. L’occasion de dire bonjour au passage au why not qui sont bloqués, les suspensions de leur cellule ont cédé. Et nous retrouvons David et Sylvia.

Nous trouvons ensemble un spot extra! C’est à côté d’un temple, au milieu des montagnes enneigées, paradisiaque!

En quittant la ville, nous sommes tombés par hasard sur Laura et Steven! On s’est tapé la causette en plein trafic, de moto à camping-car, comme si tu croisais tes potes en ville, c’était rigolo. On s’est croisé par hasard mais nous savions qu’ils étaient là puique leur projet, c’est de monter au Ladakh en moto. C’est même eux qui nous ont donné envie de venir ici, avec l’espoir peut être d’y monter nous aussi. On laisse rapidement cette idée de côté, c’est très tentant mais c’est beaucoup de route, et nous, la route, on en a assez.

Mais être tous ici, ça donne envie d’organiser une petite java « chez nous »! Alors Loïc, qui est équipé d’une moto fait des aller retour pour amener toute sa famille, et Laura et Steven nous rejoignent, et finissent par dormir sous la tente avec nous.

Dans les endroits comme ça, nous on pose nos valises. Nous avons le soleil, la pluie, les températures redescendent même à 9 degrés un jour! Personne ne s’est plaint, on a eu tellement chaud avant.

Et puis merci à David qui fait un peu de photos et qui a pris ces quelques clichés:

On assiste par hasard à une crémation

Et après un dernier pique-nique avec Laura et Steven, on se remet en selle. L’objectif, c’est rester dans les montagnes vers Dharamsala, avant de retourner à Amritsar, ville frontière avec le Pakistan.

Et ouais, on a eu nos visas pakistanais, et sans avoir besoin d’envoyer nos passeports en France. Il est possible de faire sa demande en ligne maintenant, le Pakistan veut promouvoir le tourisme dans son pays, et il a bien raison! On a eu une grosse frayeur puisque notre première requête a été refusé. On a fait une erreur dans notre demande. Alors on a recommencé et ça a fonctionné! Dis comme ça, ça a l’air simple mais ça ne l’a pas été du tout et on remercie vraiment Vincent qui nous a aidé depuis la France, y’avait matière à perdre son sang froid! Bisous à vous Lola et Vincent.

Sur la route de Dharamsala, ville du Dalaï-lama, on traverse des forêts de pins, et ça sent bon l’été.

Et puis à Dharamsala, c’est la même rengaine qu’à Manali. Trafic, bouchons dont on essaye de s’extraire en dépassant la ville et montant dans les hauteurs. Bouchons à nouveau après la ville, et puis la police finit par nous interdire de passer avec Polo. Il serait trop gros…Comment ça mon Polo est en surpoids! C’est faux puisque bon nombre de voyageurs passent avec leur véhicule tout aussi massif, peut-être était-ce un jour particulier, bref. On en a ras la casquette, on est sur le point de perdre notre sang froid. On rebrousse chemin, et cette fois la dernière étape c’est Amritsar.

On pensait y être le lendemain, mais ce qu’on ne savait pas, c’est qu’on allait croiser Maia et Julio sur notre chemin. Ils ont quitté l’Espagne il y a un an, et arrivent du Pakistan. Ils font le tour du monde et ont touuuuut leur temps puisqu’ils font des arrêts boulot le long de la route.

Et comme on trouve ensemble un spot comme on aime, ben on fait quoi?!

On s’arrête et on profite!

Dernier stop: Armitsar

Là on sait que nous quittons l’Inde après 3 semaines bien fatigantes. Le deuxième passage nous aura confirmé que ce n’est pas un pays dans lequel nous nous sommes sentis à l’aise.

Pourquoi? Parce qu’ici, c’est non stop. On a l’impression de ne jamais relâcher. Le périmètre d’intimité n’existe pas, les enfants sont harcelés, les gens font des selfies sans demander, avant même de dire bonjour, ce qui semble pourtant être la base pour établir un contact. Les enfants se mettent à crier « No, no! » dès que quelqu’un approche maintenant, parce qu’il arrive qu’on les porte de force.

S’ajoute à ça l’anarchie de la conduite, qui conduit en Inde est capable de tout. J’ai jamais vu Julien autant s’énerver au volant qu’ici.

Il nous est arrivé de perdre notre sang froid parfois, avec les gens, les automobilistes aussi. Ce n’est pas ce qu’on recherche dans le voyage. Ceci est personnel bien sûr, et nous n’avons vu qu’une petite partie du nord de l’Inde.

Ce que je relate dans cet article n’est pas la découverte d’un pays, mais les rencontres et le temps passé avec d’autres voyageurs. Notre seule vraie halte aura été Manali. Enfin, il faut quand même dire que par 45 degrés, le champs d’action est franchement réduit!

On ponctue ce passage ici par une petite pépite. Il y a un an environ, on publiait cette photo:

On avait rencontré une bande de joyeux loustics en Grèce, qui avait le même itinéraire que nous. C’était les premiers voyageurs au long cours que nous rencontrions, avec le (presque) même itinéraire.

On s’est perdus de vue, et puis retrouvés. Ils étaient 4 à 2 camions la première fois, cette fois ils sont 7 à 5 camions. Les « unexpected frequencies » sont bourrés de gentillesse et de bonnes ondes.

Et les retrouvailles sont effervescentes!

Les garçons ne se privent pas d’aller visiter les camions, Pablo qui avait déjà été conquis par le poids lourds de Yolaine, en tombe carrément amoureux cette fois.

L’ambiance est cool et détendue, et puis on a des tas de choses à se raconter sur nos péripéties personnelles!

On s’était séparé aux portes de la Turquie, cette fois nous passerons ensemble la frontière du Pakistan.

Nous sommes donc actuellement au Pakistan, pays qui nous avait ravi à l’aller, et que nous étions excités de découvrir. Presque 2 semaines passées ici et déjà tellement de choses à dire! A bientôt pour tout vous raconter! Bisous!

4 commentaires sur “Incredible India!

  1. C’est énorme le coup du papillon ! Que d’aventures et tu as une façon de nous raconter qui nous tient en haleine. Nous avons hâte de lire la suite de vos aventures. Gros bisous à tous les 4

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  2. Hola toda la familia

    Chapitre II du blog, LE RETOUR
    Mais toujours par de nouveaux chemins et de nouvelles aventures et rencontres. Votre petite communauté de « voyageurs » s’étoffe au fil des mois et vos soirées semblent bien sympathiques autour du feu de camp.
    Drôle, sauf pour Julien,  » l’accident  » peu banal du papillon qui continuait de bouger à l’intérieur de l’oreille !
    Quant aux photos, descriptions et réflexions toujours aussi vivantes et belles, elles continuent de nous faire rêver. On les garde bien au chaud pour plus tard.
    Quelles bonnes mines les petits Robinson. Ils ont l’air d’apprécier.
    J’adore la photo du vieux monsieur indien avec le symbole circulaire sur le front, certainement un adepte et sosie du célèbre Maharishi Mahesh Yogi rencontré par mes 4 amis The Beatles également dans les contreforts de l’Himalaya.
    Dans le Finistère le début de l’été est magnifique avec un ensoleillement comparable à celui de la Côte d’Azur ou presque. Anne peaufine la relecture de mon treizième roman.
    Bonne suite à votre nouveau périple dans la montagne. A 5000 m vous allez pouvoir chausser des skis.. et surtout apercevoir le Yéti comme dans Tintin au Tibet. cela va plaire aux garçons. N’oubliez pas de faire une photo pour Le Télégramme et Ouest France
    Bises à vous tous
    Clet et Alison.

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  3. Coucou!
    La Bretagne dans toute sa splendeur, vent,pluie….
    Du coup j ai eu besoin d un peu d’évasion, et une fois de plus j’en ai eu plein les yeux!
    Vous voir traverser tous ces pays, ces régions, faire toutes ces rencontres…
    Voir mes » p’tits coeurs » grandir, s’épanouir, découvrir le monde…
    Je sais, tout n est pas rose tous les jours, mais vous emmagasinez des montagnes de souvenirs et vous reviendrez tellement plus riches!
    Plein de baisers iodés et pluvieux.

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