1 Mois et demi au Pakistan

Que d’émotions au moment d’écrire cet article. Il s’est passé tellement de choses à tous les niveaux dans ce pays qu’il est difficile de savoir par où commencer, et que j’ai peur d’oublier de raconter certains événements, péripéties, de mentionner certaines réflexions ou sentiments vécus ou ressentis.

Et puis, nous sommes en Iran maintenant. Ce qui signifie que nous sommes sortis de cette boucle infernale: Pakistan, Inde, Népal. Non pas que nous regrettions, bien au contraire, nous sommes très heureux de cette inoubliable expérience. Il faut juste préciser que ce sont des pays extrêmement fatigants, et qu’on n’en sort pas sans y avoir laissé des plumes!

Je ne sais pas par quoi commencer. Allez, au hasard:

L’Hospitalite Pakistanaise

On passe la frontière en fin d’après midi, et on attend nos potes d’unexpected frequencies quelques temps. Il fait une chaleur de fou, on demande la température au dernier militaire indien avant la fameuse barrière qui sépare les deux pays , 49!!!!!!

Pendant ce temps ses collègues essayent par tout les moyens de prendre des photos par un bout de fenêtre avec les enfants qui leurs hurlent « NO NO NOOOOOOO » Rien n’y fait, ça les fait sourire et pas assez rassasiés, ils recommencent… Ju s’énerve! Mais il redescend en pression, « Ju, il reste 30 mètres et on y est…. calme toi » bon Ok…

3 min plus tard On passe le premier portail Indien puis le second…Ouuuuuf!

On est accueilli par un militaire calme posé…

Salam Aleykoum!!!

Welcome to Pakistan

Welcome to Lahore

Do you need something?

Ça y est, on y est!!! Bye bye India! Et Re-Bonjour!!!! Pakistan!!!! Tu nous manquais!

Formalités carnet de passage, immigration et l’officier nous propose de rester attendre nos amis dans sa pièce climatisée en s’assurant régulièrement que nous ne manquions de rien.

Les potes arrivent on passe la première nuit avec eux dans une Usine de Lahore qu’ils connaissent bien. Sur le chemin allé, Yolaine était passée sous un pont pas assez haut avec son poids lourd, arrachant tout le camion…..

Ils avaient été accueillis à bras ouvert par une famille du coin les voyant en détresse sur le bord de la route. Cette famille possédant une usine sur Lahore, ils ont mis pendant des semaines leur personnel à disposition des copains afin de tout reconstruire…

Il est temps pour nous de partir le lendemain, nous sommes attendus par Mukaram, le président de l’association des Bikers de Lahore.

Nous avons eu son contact avec Julio et Maya, qui l’avaient rencontré une quinzaine de jours plus tôt.

Mukaram s’occupe également d’une sorte de banque alimentaire, il est à la tête d’une équipe qui distribue gratuitement des vêtements et repas quotidiennement à une centaine de famille démunis sur Lahore.

Ils nous accueille à bras ouvert dans ces locaux et nous permet de garer Polo la bas aussi.

Au vu de la chaleur, il insiste pour nous mettre à disposition jour et nuit le seul bureau climatisé des locaux. Tout le monde est au petit soin pour nous, on nous apporte de la nourriture, des fruits… Mukaram met à disposition sa voiture et un chauffeur lorsque nous avons des courses à faire, insiste pour nous inviter au restaurant tous les soirs avec sa famille… Bref nous sommes leurs invités et nous devons être Bien…

Pour vous dire c’est même compliqué pour nous de faire notre vaisselle… Ils ne comprennent pas « pourquoi fait tu ça? «  vous êtes nos invités c’est à nous de le faire »

C’est un peu gênant mais après discussion un équilibre est trouvé afin que tout le monde se sentent à l’aise.

Gaël tombe malade, de grosses plaques rouges apparaissent sur tout son corps, il a de la fièvre.

Mukaram nous amène tot le matin à l’hôpital et insiste pour que l’on aille le soir même faire confirmer le diagnostic du médecin qui n’est qu’urgentiste, par une de ses connaissances diplômée en pédiatrie. Ce serait une réaction allergique due à la chaleur. Ouais, c’est pas beau. Évidemment interdiction de payer quoi que ce soit et obligation de rester goûter à quelques spécialités locales…

Nous serons invités également à visiter un centre pour enfants handicapés ou travail Lubina, la femme de Mukaram.

Accueil en grande pompe, bouquet de fleur, photos en rafale des enfants qui se mélangent aux jeunes du centre. C’est intéressant de voir comment sont pris en charge les enfants souffrant de handicaps. Ce centre est basé sur la méthode Montessori, avec différentes salles; motricité, sensorielle, d’activité pratique dans lesquelles les enfants vont à leur guise. Dommage que chacun de nos gestes ait été capturé, ça gâche un brin le moment.

On a aussi la visite des voisins qui nous apportent régulièrement thé coca…un lit pour s’allonger dehors.

Nous serons rejoins quelque jour plus tard par David et Sylvia, et on prend la route du nord ensemble. Gaël va mieux, on ne peut pas rester plus longtemps dans cette fournaise. On a l’impression qu’on peut prendre feu. Le maximum des températures aura été 48 degrés, avec un ressenti de 54. C’est être proche de l’enfer. A part transpirer, t’es capable de rien.

Tu vois ce que c’est???!!

L’ascension vers le nord

C’est à peine croyable, mais on arrive à dormir au frais dès le premier soir! Je ne sais pas si vous pouvez imaginer comme c’est insupportable (et ce mot est tout à fait approprié) de vivre par une telle chaleur! Quand j’ai vu sur la carte qu’à Muree, ville à une quarantaine de kilomètres seulement d’Islamabad, on pouvait être à 2000 mètres d’altitude, on a mis le cap sur cette ville. On était prêt à tout pour un peu d’air frais.

On pose le campement sur un parking d’un bled complètement paumé, avant Muree, qui grouille de gens et d’agitation, et de vieilles bagnoles. Elles ont une classe folle ! C’est un policier en bécane qui nous amène sur ce parking en nous assurant qu’on ne risque rien.

On ressort la couette!!! C’est cool mais ce n’est pas sur ce genre de parking qu’on trouve de la tranquillité.

Là par exemple, je ne suis pas entrain de discuter avec cette dame! Elle vient juste discrètement regarder à quoi ressemble un camping-car! (C’est peut être pour passer inaperçu qu’elle s’est habillé comme ça d’ailleurs?? 🤣)

On repart dès le lendemain matin et on admire les vendeurs de tissus, de parapluies (!), de maîs, qui étalent leurs marchandises le long de la route et nous procurent un joli spectacle.

D’autant plus que nous sommes sur une route de montagne. Ce qui présente des avantages: c’est magnifique! Et des inconvénients: pas un bout de terrain pour se poser. Alors on roule beaucoup.

Ce jour là, on traverse une partie du cachemire, région sous pression, en perpétuel conflit avec l’Inde. (Mais n’approchons pas de la zone de conflit).

On en sort quelques heures plus tard, toujours sans trouver de bivouacs. David et Sylvia, avec qui nous avons pris la route, ont un plan. Un petit village perché en haut d’une montagne. David devra tracter Polo sur une petite partie extrêmement pentue. On est heureux en haut, et on demande à rester sur le parking d’un hôtel. C’est refusé. La sécurité… Nous n’avons pas d’escorte et puis il y a des ours dans le coin, on risque de se faire attaquer. On éclate de rire! C’est juste que personne ne veut prendre le risque qu’il arrive quelque chose à des touristes. Pourtant cette région du Pakistan est sûre. La police est appelée, et on nous emmène sur un parking pourri, oui oui, bondé de voiture en pleine place publique. Oui mais le poste de police est à côté. On n’a pas rencontré d’ours, et on s’est vite sauvé le matin!

C’est un seau de miel.

Et on reprend la route. Qu’est ce qu’on roule…Et des journées entières. On traverse à présent la Kaghan vallée. Paysages de montagne, toujours. On longe une rivière, et sur le bord de la route, tous les restaurants se vantent de servir de la truite. On s’arrête, Accrochez vous bien, le kilo de truite se vend entre 2500 et 4500 roupies! Soit entre 14 et 25 euros le kilo! Ils peuvent se la garder. En comparaison, un plat de riz-poulet se vend environ 500 roupies, soit 3 euros.

On s’arrêtera à Naran, ville ultra touristique et très chère, pour se reposer quelques jours avant de continuer notre route.

Les paysages sont de plus en plus joli! On passe le col de Babusar à 4300m d’altitude! On a évité le Ladakh en partie à cause de l’altitude (col à 5000m), ça aurait pu le faire. Par contre Polo galère un peu. Il fume en quantité et tout noir! Et il n’a pas trop la patate!

On n’a pas chaud la haut, et on aurait bien dû y rester pour la nuit, puisque ce soir la, on redescend très bas et la chaleur nous empêche à nouveau de fermer l’œil.

C’est un peu de mauvais poil qu’on attaque (très tôt en plus, 6h du matin) la journée du lendemain. Et ce sera une journée tartine à l’envers. Plus de liquidités, plus d’essence, et pas un distributeur qui fonctionne à l’international. On se fait les muscles en serrant les fesses! Va t’on arriver à trouver de l’argent avant de tomber en panne sèche? Oui! Mais c’était vraiment très limite. Et puis ça continue quand on cherche notre route pendant 1h (itinéraire Skardu) et qu’on nous renvoie une fois à droite, une fois à gauche… mais non c’était à droite ! Vous vous êtes trompés, c’était à gauche…grrrrr…

Quand on finit par trouver, 100m après avoir bifurqué, la ligne d’échappement cède, et pas dans le bon sens, vous voyez bien, ce serait trop beau. Bref Ju attache le tout et direction garage pour une soudure.

On s’obstine à vouloir reprendre la route de Skardu. Au bout de 4 km on se rend compte que ce ne sera que de la piste, mauvaise route en tout cas, en travaux en plus.

On change d’avis et on file sur Gilgit.

Gilgit c’est pas le pied, c’est une ville. Mais dans cette ville il y a Joëlle! Et avec Joëlle, qui est Suisse, c’est une belle histoire puisqu’on s’est rencontré au mois de Décembre au Sultanat d’Oman! Depuis nous sommes restés en contact. Nous on se balade, mais elle, elle bosse! Elle est en mission de 1 an en tant qu’observatrice de l’ONU. Par chance nous sommes dans le même coin en même temps. Alors on va en profiter un Max!

Et on met le cap sur la vallée de Hunza.

On monte assez rapidement jusqu’au col de Khunjerab, à 4700m! Bravo Polo! T’en baves mais tu assures! Nous sommes à la frontière sino-Pakistanaise.Et la il faut quand même que je vous parle des montagnes du Paki. Le Pakistan, c’est 108 sommets qui dépassent les 7000m d’altitude, le plus connu étant le K2 (8600m)! Et au moins autant dépassant les 6000m! C’est pas compliqué, on voit des sommets enneigés partouuuut! Nous qui regrettions d’avoir manqué ça au Nepal, on s’est bien rattrapé.

La plupart des sommets se trouvent sur la chaîne de montagne du Karakoram, qui fait partie de l’Himalaya, on est en plein dedans dans la vallée de Hunza.

Les photos parlent d’elles même.

On profite en redescendant tout tranquillement. Deux stops nous ont marqué. Passu d’abord, charmant petit village en pierre. De là on part en balade. Le point de départ est un pont suspendu. Quand on y arrive on nous dit que c’est interdit de le traverser. On comprend pourquoi. Moi je m’y aventure un brin et je ne fais pas la maline. On renonce, trop dangereux avec les enfants. Changement de programme, on va au lac de Borit.

La c’est le fameux pont…😧Très l’on et surtout les planches sont très très espacées, hyper dangereux quoi.

Promenade dans le petit village de Misgar rempli de verdure au milieu des montagnes brutes

Et puis Minapin dans la vallée de Nagar.

D’abord c’est beau, et puis on trouve un endroit à peu près au calme pour s’installer. De la verdure, un petit resto qui fait de la bonne bouffe locale (on est fan des pois chiches et des doigts de fées ou gombo). Les garçons ont sympathisé avec le petit monsieur qui fait les pizzas l’après-midi. Ils cuisinent avec lui et rapportent une pizza voir plusieurs tous les jours. Ne vous méprenez pas, une pizza Pakistanaise n’a rien d’une pizza italienne! C’est une sorte de pâte épaisse sur le dessus et le dessous, fourrée d’une sauce à la viande hachée. On aime bien.

Puis vient le temps de prendre la routes en sens inverse. On commence à fatiguer sérieusement. Mentalement j’entends. C’est très beau, assez calme mais on reste une curiosité donc l’attraction du coin.

Et le vent commence à tourner, on rencontre à peu près un problème par jour. Les pneus qu’on change parce qu’ils se dégonflent tout le temps, l’arnaque au pneus puisque celui à l’arrière droite, supposé neuf « éclate » (très doucement et sans dommage) sur l’autoroute. Le porte vélo qui lâche littéralement, cette fois il est impossible de le réparer, on doit vendre nos vélos, Julien qui perd une dent. Pouah, on encaisse les coups…

Et puis après cap à l’Est on file en Iran!

Nous serons stoppés à l’entrée du Balouchistan, et poursuivrons sous escorte armée jour et nuit jusqu’à la frontière Iranienne

C’est à ce moment là que la pépite des mésaventures nous arrive… Je peux pas vous en dire plus maintenant. Non pas que je veuille faire durer le suspense, c’est pour une autre raison personnelle.

Je vous invite à suivre le prochain article qui je pense vaudra des points au vue de tout ce que nous est arrivé!

Je précise qu’on va bien, tous!

Bonne reprise à tous, on vous embrasse!

5 commentaires sur “1 Mois et demi au Pakistan

  1. Coucou vous 4!!!!!
    Le Pakistan me fascine, je le trouve magnifique. J aurais aimé vous rejoindre mais je pense que j aurais été un poids pour vous. 50°, difficile à supporter pour une Bretonne.
    Une autre fois…. avec vous.
    Vous me manquez énormément… et en même temps je vous sens tellement heureux tous les 4 que cela compense votre absence.
    Je vous embrasse très fort.
    Aujourd’hui pensées particulières à ma Jolie Fille. Je t’embrasse de mille bisous iodés et pluvieux.

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  2. Salut les aventuriers ! L’essentiel est que vous alliez bien et que vous viviez pleinement ce voyage extraordinaire … c’est visiblement le cas quand on lit tes récits de voyage Amandine. On vous souhaite une bonne continuation et à bientôt pour de vrai ! Bisous de nous 4 : Ruben, Enak, Fab&Ruth.

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  3. Bonjour les princes et princesse du Pakistan,
    Nous ne dirons que deux mots, comme les jeunes… C’est Ouf !
    Quels paysages superbes, quelles rencontres inédites, quelles péripéties diverses dignes d’un véritable roman et aussi quel plaisir perceptible dans vos yeux.
    Nous avons eu un peu de mal à suivre le trajet dans la montagne sur notre atlas mais nous y sommes parvenus en grande partie. 5000 m, ça commence à faire haut !
    Ce qui impressionne également ce sont l’anarchie des fils électriques dans les villes et les superbes fruits et légumes à profusion sur les petits étals des marchands ambulants installés un peu partout.
    Donc, vous allez bien, on est rassurés et surtout on attend la suite de cette palpitante aventure humaine qui dure depuis déjà 15 mois avec impatience.
    On vous embrasse.
    Clet et Alison

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  4. Oh non insoutenable la fin a trois petits points, « il nous est arrivé un truc de dingue mais je vous dis pas maintenant… »😩. Allez gros bisous petits veinards du bout du monde

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