La Grèce, en prenant le temps…

Flash back sur la traversée aller de l’Europe plus d’un an en arrière. C’était en plein mois de juillet et août, on s’était pris des prunes pour avoir fait du bivouac sauvage, et avions été obligé d’aller aux campings pour éviter d’autres amendes. Et je ne parle pas des prix à cette saison…

La fréquentation touristique et l’addition salée de ce passage en Europe nous avait contraint à choisir la voie du nord de la Grèce, laissant de côté le reste du pays.

Pas question cette fois de passer à côté. Nous sommes en novembre: ici c’est soleil, chaleur (encore) et (presque) pas de touristes. c’est parfait pour partir à la rencontre de ce pays.

C’est dans une atmosphère étrange qu’on approche de la frontière turque. C’est la fin d’après-midi, il fait beau, il fait chaud… mais, soyons franc, on y va à reculons. Celle ci a un goût amer! Elle marque, comme je vous l’ai expliqué dans le dernier article, notre retour en Europe. Terminus! Tout le monde descend! Non, pas encore, en réalité le train arrive seulement en gare, il ne s’est pas encore arrêté.

Par contre, il faut l’avouer, cette frontière, c’est le rêve! Plus de carnet de passage, plus besoin de mettre un pied dehors. Comme au drive, tu restes dans ta voiture, et tu enchaînes les guichets. En 15 minutes, peut-être moins, c’est fait. Ca ne laisse pas le temps de réfléchir!

On roule vitres grandes ouvertes, il fait une chaleur incroyable en cette fin de journée. On a un peu l’air tout bête en traversant la première ville, Alexandroupoli. Tout est bien rangé, il y a des terrasses de café partout, bondées de jeunes. Ce n’est pas ce qu’ils boivent qui attire notre attention, mais la vaisselle! De beaux verres à pied, des verres à bière… Du mobilier « art moderne », pas de doute, on est chez nous! Fini les verres à thé et les chichas.

Ce n’est pas au bar qu’on s’arrête, mais à la plage, qui nous a tant manqué depuis… depuis quand déjà? Les Emirats Arabes Unis, ça remonte au mois de février ou mars. Cette plage on la connaît puisqu’on s’y est arrêtée au passage aller. On y rencontre des voyageurs étonnants, un couple allemand, musiciens, avec un van et une remorque, et dans la remorque! Un piano à queue! Leur objectif c’est de ne pas s’arrêter…voyager, toujours. Quand ils nous disent qu’ils vont traverser le Pakistan et l’Inde, on ne dit rien, mais le lendemain on se fait la réflexion. Un piano à queue sur ces routes, franchement bonne chance à vous!

Tout ça pour dire qu’écouter un pianiste et une saxophoniste jouer de la musique sur une plage à la tombée de la nuit, ça en jette.

Le lendemain, chacun vaque à ses occupations, quand Julien se met à crier de douleur. Ça faisait longtemps! Le papillon dans l’oreille, les dents qui lâchent… manquait la piqûre d’abeille avec réaction allergique. Le soir, son pied se met à gonfler, au point presque de l’empêcher de marcher. Hôpital le lendemain! Ça finit par s’arranger au bout de quelques jours.

Polo longe la mer. Il fait beau, plus chaud qu’en Turquie. Pablo et Gaël s’éclatent dans les vagues et le sable, papa et maman font des barbecues, ça roule.

Arrive tranquillement le temps des retrouvailles avec les copains. Encore? Qui? Dany, Andy, Jula et Fiede leurs enfants. On s’est rencontrés sur la plage de Dubai et avions passé beaucoup de temps ensemble. Pablo et Jula sont de grands copains. Ils sont rentrés en Allemagne quelques mois, ont changés de camion et repartent sur les routes.

Le rendez-vous est donné sur une petite plage avant Thessalonique. Quand on arrive la bas, d’autres amis à eux les attendent, allemands eux aussi. C’est André, Angie et leur petite fille Romie. Ce lieu, caché pourtant de la route devient alors une halte inattendue pour voyageurs, puisqu’un camion autrichien et une autre famille allemande s’installent aussi.

Le soleil laisse place à la pluie, mais rien n’empêche les enfants de jouer ensemble, à l’intérieur des camions ou dans la boue. Les flaques, y’a que ça de vrai! Bonjour la lessive…Tant qu’ils s’amusent, on est content.

Et sur cette plage, nous retrouverons d’autres amis, les dauphins! Pablo et Julien iront à nouveau à leur rencontre en kayak pour un belle échange!

Une semaine plus tard, le convoi change de plage. Le soleil est de retour, il fait chaud, la mer est transparente. Ju plonge, et le snorking est de mise avec les jolis poissons de toutes les couleurs.

Markus et Siegried, les Autrichiens que nous apprécions beaucoup reprennent la route et nous les suivront de peu. Notre temps est « compté » puisque le retour se profile, et nous voulons faire le Péloponnèse.

On dit salut aux copains et filons sur Thessalonique. Nous avons des problèmes avec la batterie cellule qui semble morte. Un garage de camping car offre des places de parking pour la nuit, l’occasion de regarder ça de plus près. On investit finalement dans une batterie neuve. Ça ne servira à rien, une semaine plus tard c’est à nouveau le même bazar.

Next stop: Athènes. Ce n’était pas vraiment au programme parce qu’avec les enfants, les villes ce n’est pas l’idéal. Mais ce qu’on y a fait est plutôt inattendu et nous a plu. Pas de visite de l’acropole, non, mais on assiste à un spectacle de marionnettes donné par une famille espagnole en vadrouille elle aussi. On se rencontre parce qu’on est garé au même endroit, un parking où on peut rester dormir. Les enfants n’ont pas assisté à un spectacle depuis notre départ, pour Gaël c’est même le premier. Ça se joue dans le seul théâtre de marionnettes de la ville, tout en musique et la famille au complet, enfants y compris, jouent. C’est génial, on sort tous avec la banane et allons boire un verre avec nos copains espagnols. On décide de se revoir quelques jours plus tard, hors d’Athènes.

On reste un week-end seulement, et partageons le temps entre balade au port, petit marché et resto…

Petit retour sur le parking, parce qu’on y a fait notre plus belle rencontre grecque avec la propriétaire, Marie. Elle parle français, et fait tout pour donner un coup de main aux voyageurs de passage. C’est grâce aux enfants qu’une relation se crée, puisqu’ils donnent un coup de main à Marie qui entretient son parking à la perfection. Il est d’une propreté impeccable, il y a même des pots de fleurs un peu partout. Pablo et Gaël « l’aident » à ramasser les feuilles mortes, et on finira ensemble par mettre un coup de peinture fraîche sur les délimitations des places. L’occasion de passer du temps ensemble, et de bavarder de la vie, de nos vies, et de la Grèce et ses difficultés économiques. On aurait bien passé plus de temps avec Marie, mais nous devons repartir, le souvenir de ce bel échange en tête.

Et en route pour le Péloponnèse! On en a entendu tellement de bien qu’on est tout excité à l’idée d’y être enfin. Nous l’abordons par la côte est, après avoir traversé la ville de Corinthe. On peine à trouver un endroit pour dormir, les routes sont petites et les plages (pas vraiment possible de dormir ailleurs) pas super accessibles. Mais c’est vrai que c’est joli, et il y fait plus chaud que dans le nord du pays. On repère une petite crique, vraiment petite, mais elle fera l’affaire pour passer une soirée avec Celia, Josevi, Blay et Mél, les espagnols rencontrés à Athènes. Ju plonge, mais il n’y a pas de poisson. Ce soir là, ce sera tortilla et barbecue au bord d’un feu sur la plage, au son de la guitare.

Et le lendemain Paëlla, carrément, toujours sur la plage. C’était cooool (et bon!).

On se balade tranquillement le long de la côte, faisant le tour en s’arrêtant ça et là. Le temps est bon, malgré les averses occasionnelles. La nature est remplie d’oliviers, ce sont des plages de galets et l’eau est transparente. On se baigne tout les jours, en plein mois de novembre, ça nous paraît fou, alors on en profite. C’est la partie la plus au sud, de Leonidion à Kalamata (en gros) qui nous plait le plus. A cette période, on peut camper gratuitement partout, en bord de plage. Pas mal hein?!

Sur cette dernière photo, nous sommes entrain de nous baigner dans les sources chaudes sulfureuses de Thermopylès. Une eau à plus de 35 degrés, qui sent le souffre à plein nez! On ne restera donc que 10 minutes par précaution pour les enfants. Les locaux présents veillent aussi à ce que nous ne restions pas trop longtemps.

À côté des termes, il y a un camp de réfugiés et les enfants (du camp) veulent jouer avec Pablo et Gaël. Ça aurait été avec plaisir, mais l’invasion de moustiques à cet endroit nous oblige à fuir et trouver un autre bivouac pour la nuit.

Puis vient le temps de la dernière halte, un peu étrange mais pas déplaisante.

Elias beach est sur la côte ouest. C’est une sorte d’immense terrain vierge qui jouxte la plage sur au moins un kilomètre, peut-être plus. Quand nous arrivons là bas pour faire un coucou à Dany et Andy, on est surpris par la quantité de camions « voyageurs » que nous y trouvons, installés ça et là. Ils sont eux même au milieu d’un groupe, presque tous sont allemands. Il y a aussi André, Angie et Romie, c’est chouette.

On dirait une petite communauté, certaines familles ayant l’air d’avoir un mode de vie qui s’y apparente. Ce lieu lui même ressemble à un ancien « squatte ». Des douches ont été aménagées, ainsi qu’un point d’eau pour recharger les réservoirs ou autres, il y a des décorations en bambou dans les arbres, des sièges en palettes à disposition un peu partout. A certains endroits, de grandes mosaïques en galets sur le sol, donnent accès à la plage. Ça donne un sacré charme à l’endroit. C’est joli, et propre. Une bonne partie du boulot est signé « les amis de la nature et de la forêt », si mes souvenirs sont bons. Bon nombre de gens ici sont vegan, végétarien, et cuisinent des gâteaux sans sucre ni gluten. Nous restons viandards et bien dans nos baskets!

Une ribambelle d’enfants jouent ensemble, tous plus blonds les uns que les autres. Le jour de notre arrivée, il y a une soirée cinéma rien que pour eux, avec à l’affiche « fifi brin d’acier » ou plutôt « pippi langstrump » puisqu’il est diffusé en allemand (ce qui ne dérange absolument pas Pablo et Gaël).

On ne voulait pas s’attarder ici, mais nous y resterons finalement jusqu’à notre départ. Pablo et Jula sont plus complices que jamais, il y a pleins d’enfants et de jeux pour s’amuser, on a tout ce qu’il nous faut sur place.

Je vous fais un tableau fort sympathique de ce lieu, mais n’allez pas croire que tout s’y déroule comme au paradis! La proximité entre les camions, le climat qui amène tout le monde à être toujours dehors, donc en contact constant amène aussi son lot de désaccords. Le contraire serait une utopie.

Nous y rencontrons aussi d’autres français en vadrouille, avec qui nous avons l’occasion d’échanger. Il y a Charline et Gaspar, sur le départ d’un road trip pour la Mongolie (ça va les copains?), Delphine et Julien et l’adorable Oscar qui testent la vie de baroudeurs avant de sauter le pas, et cette famille qui vient de passer quelques mois sur les routes d’Europe avec qui nous échangeons beaucoup! Marie Julie, Yunaï et leurs enfants sont sur le retour eux aussi. Nous parlons beaucoup de notre voyage avec eux (égoïstes que nous sommes 😉), mais nous les sentons décidés à repartir vers de nouvelles destinations, alors si notre expérience peut être utile! Bises à vous au passage!

Nous faisons une halte à Olympie en repartant. Olympie, c’est quoi!? C’était un sanctuaire, habité par le personnel des temples et les prêtres du culte. Le sanctuaire était dédié à Zeus, sous l’égide duquel se tenait des jeux tous les 4 ans.

Le site d’Olympie a accueilli les jeux depuis l’antiquité. Lors de nos jeux olympiques, la flamme y est encore allumé quelques mois avant la cérémonie d’ouverture des jeux. Je ne vais pas trop entrer dans les détails, mais la visite du musée puis du site (détruit par un tremblement de terre) a fortement intéressé Pablo.

C’est ainsi que nous achevons notre périple de 1 mois et demi en Grèce. Nous prenons un ferry à Patras, pour Ancona en Italie. Bye bye soleil, plage, chaleur, bye bye vie de bohème. C’est la fin du bal.

Car depuis l’Italie, nous rentrerons rapidement en France, même si notre chemin sera ponctué de retrouvailles, encore…

La suite au prochain épisode? Oui, le blog n’est pas encore fini!

Reste à vous souhaiter une bonne excellente année 2020!

À bientôt!

Un commentaire sur “La Grèce, en prenant le temps…

  1. Meilleurs vœux à tous les 4 ! Merci encore de partager votre périple.
    La paella sur la plage fallait oser… ça fait rêver.
    Bises à vous

    J'aime

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