1er juillet 2018 – 1er février 2020: ROADTRIP jusqu’au Népal

C’est ainsi que cette histoire s’achève. Par un jour de pluie, à sillonner les routes de France à bord de Polo.

Je crois que le ciel est aussi triste que nous que ce soit la fin, au vue de toutes les larmes qu’il verse et qui ne nous facilite pas la route.

On ouvre ce dernier chapitre par notre épopée maritime à bord du ferry qui relie Patras à Ancone en Italie. On quitte le port à 16h, à l’heure. C’est bien organisé, pas besoin de courir partout pour la paperasse. Vous sentez les stigmates du voyage? Ça ne fait aucun doute que les papiers à remplir et les passages frontières auront été notre pire cauchemar. Et c’est très bien comme ça, d’autres soucis auraient pu être plus grave ou plus gênant.

C’est l’hiver et le camping on board n’est plus autorisé sur le bateau. Nous bénéficions d’une cabine (gratuite, à ce titre). A bord on rencontre une famille française de Briançon, avec 2 enfants. Ce qui nous permettra de passer le temps, d’autant plus que nos marmots s’entendent à merveille. Pablo est ravi de trouver un copain français de son âge, et lui et Balthazar s’en donnent à cœur joie dans la salle de jeu. Heureusement que le bateau n’est pas plein à craquer, ça aurait pu en déranger certains!

Par magie, 24h plus tard nous sommes en Italie. Pas de passeport à présenter, Polo sort sans avoir besoin de montrer patte blanche, et surtout, nous non plus! C’est ça l’Europe.

Il pleut et il fait nettement plus frais.

Alors on roule. Et pas pour rien, car 4h plus tard, on arrive à Posina, charmant village italien en Vénétie (au nord). On est un peu excités parce que ce sont nos retrouvailles avec David et Sylvia. On a fait pas mal de route ensemble, que ce soit au Népal, en Inde, où au Pakistan on se suivaient régulièrement. Et ce sont bien les pays les plus « durs » que nous ayons traversés. J’évince le Népal de ce trio, mais vous savez ce qu’on a pensé de l’Inde: surpeuplé, manque d’intimité, sale… Et le Pakistan nous a plu mais il faut le reconnaître, c’est la dawa là-bas! Et on a eu des chaleurs terribles! On n’oubliera jamais ces 54 degrés ressentis. Être ensemble à ce moment là était vraiment salvateur. Partager aide à supporter les difficultés. Ils sont rentrés depuis un mois, on savait qu’on se reverrait, c’était logique.

On joue de malchance avec le temps. Entre le froid et la pluie, on accuse le coup de ce changement de climat. Mais David et Sylvia font tout pour qu’on se sente bien. L’accueil et la cuisine de la famille de David là où Polo a trouvé refuge, sont extras. Est ce que ça vaut la peine que je torture votre estomac en vous ventant la qualité des pizzas et pastas que nous avons pu ingurgiter?

Sylvia nous offre bonnets, écharpes et chaussettes, nous sommes parés pour affronter les grands froids.

David et Julien bossent sur le camping-car dont le cardant est défaillant et dont on soupçonne la mort imminente. A Elias beach on ne passait pas inaperçu, PAM PAM PAM PAM! On faisait un ramdam d’enfer à chaque fois qu’on prenait la route, certains doutaient même de la garantie d’un retour jusque chez nous. C’est vraiment douter de Polo qui nous a pourtant prouvé sa vaillance à toutes épreuves, lui qui n’est pas conçu pour affronter toute cette route. Un camping car vieux de 30 ans qui va au Népal, c’est un peu fou non?

Quelques jours plus tard, on quitte nos amis, non sans se promettre qu’on se reverra, pour en retrouver d’autres.

On traverse l’Autriche, ses cols montagneux enneigés et ses paysages charmants (On a trouvé l’Autriche magnifique et l’avons inscrit sur la to-do list!) et arrivons dans le bade wurtemberg près de Stuttgart chez Robert et Mélanie.

Là aussi, que de souvenirs! La rencontre en Iran, la traversée en ferry jusqu’au Émirats, surtout le combat pour acheter les billets et faire les papiers! Puis tout ce temps ensemble à Abu Dhabi ou Dubai, à s’occuper de nos marmots ou cuisiner de la bonne bouffe, car Mélanie est maîtresse en la matière. Elle était enceinte quand on s’est rencontré, maintenant Gustave est né. Le temps passe, la vie s’écoule paisiblement.

Nous sommes reçu comme des rois, c’était sûr. Pablo et Gaël retrouvent Bruno, qui a 2 ans maintenant. Balades au marché de Noël, à la ferme ou au parc, le week-end sera bien trop court. Et puis 4 petits bambins réunis, ça vous retourne une maison, et la tête aussi!

C’est fou toutes ces rencontres qu’on a pu faire tout au long de la route. Que ce soit Julien ou moi, je crois que le constat est le même. On n’a jamais croisé autant de voyageurs de notre vie! On a fait nos premières « vraies » rencontres en Iran, avec Esther et Philippe et Vincent et Lola, et bien d’autres ont suivies. C’est primordiale de trouver des copains le long de la route, pour échanger à tous niveaux, et pour sortir du huit clos familial.

Et les locaux! Leur accueil, leur générosité et leur hospitalité. On nous a ouvert la porte et les bras tout le long du voyage, que ce soit pour nous donner un simple renseignement ou un repas à partager. Avec eux, grâce à eux, le voyage a pris tout son sens, et ça, on a beaucoup aimé, merci.

Le développement d’Internet aide à rester en contact, c’est chouette. Il y a 10 ans, c’était pas comme ça! Internet facilite aussi le trajet par la route, il y a toutes sortes de GPS utilisable avec ou hors connexion, et d’applications comme IOVERLANDER ou PARK4NIGHT qui t’aident à trouver des bons plans pour passer la nuit.

Le calendrier tourne, nous sommes mi décembre et la France nous tend les bras.

Pablo attend ce jour avec impatience! Être avec des français, parler français, il en meurt d’envie. Alors quand on l’informe qu’on a passé la frontière, il tient à en être sûr. « C’est des maisons françaises? Oui chéri. Et le chien, là, sur le trottoir, il est français? Oui, bien sûr. Et la boulangère, elle va parler français? Assurément!! »

C’est une maman et un papa émus que nous retrouvons à Maîche, capitale 😉 du Doubs! Nous sommes très heureux nous aussi de retrouver la famille. Chez papy et Mamy, il y a un peu de neige, tonton Thib, Tata Anne-Cha et cousin Maél avec qui c’est chouette de jouer! On a même l’occasion de passer une soirée avec mon oncle, ma tante et mes cousins, quel plaisir!

Il faudra attendre Noël pour que nous soyons enfin tous réunis, c’est à dire que ma frangine, tonton Sam et les cousins Ilan et Eliot nous rejoignent.

Nous traversons ensuite la France jusqu’à Saint-Nazaire pour retrouver tonton Pierre et tata Marie. Que de changements! Emilio est venu agrandir la famille de tonton Pierre et tata Estelle, et Tata Marie et tonton Basset ont un petit habitant sous le nombril. 18 mois plus tard, les choses ont joliment changées!

Le final des retrouvailles est à Landerneau, chez Nanou et Gago, avec beaucoup d’émotions et de joie là aussi. Chez Nanou, il y a la mer, les fruits de mer et l’anniversaire de Pablo!

Il fait humide mais moins froid que dans le haut Doubs. Polo va subir un nettoyage d’enfer et remise en état qui prendra presque tout le mois à coup de par-ci, par-là.

Rentrer en hiver, quelle folie! La transition est bien trop rude au niveau vie et climat! On est enfermé la major partie du temps, il fait froid, le temps est gris, tristounet…

Voilà, le « tsunami » (😉) chats-perchés est passé faire un coucou partout.

Une condensé de ce que nous en avons pensé? Il n’y a pas de pays que nous avons préféré, mais des pays dans lesquels il était plus facile de voyager pour diverses raisons et où nous nous sommes sentis comme en vacances. On citera l’Oman, le Népal, le Pakistan était une belle découverte également.

Ce qui nous retenons aussi c’est:

1- L’avenir écologique de la planète. Triste constat, mais une fois la frontière Iran/Pakistan traversée, le non traitement des déchets, les poubelles déversées dans les champs ou les rivières, la surproduction, la consommation de plastique mais surtout le manque d’éducation sur l’environnement pèsent lourds dans la balance. Et les petits efforts que nous faisons en Europe semblent vains.

2- La condition des femmes dans une grande partie des pays que nous avons traversés. Au delà de la Turquie, et dans chaque pays, j’ai dû adapter mon comportement et ma tenue vestimentaire (parfois un peu, parfois beaucoup!). Ici, tu couvres ta tête et tes fesses, tu ne chantes pas, tu ne montes pas seule dans une rame de métro mixte, là tu ne serreras pas la main aux hommes, tu ne feras pas de commerce avec eux ou tu ne mangeras pas à leur table. Parfois même tu ne rencontreras presque pas d’autres femmes ou tu n’auras pas de contacts avec elles. Elles sont peut être heureuses ainsi. Moi, je n’ai pas ces habitudes là et pour ça je suis heureuse de venir d’où je viens.

Ce matin, Julien a pris les commandes pour l’ultime trajet de ce roadtrip. Aujourd’hui, 19 mois (exactement) et 50 000 km plus tard, nous rentrons à la maison.

Polo et Ju ont formé une belle équipe, et Pablo, Gaël et moi ne pouvons que remercier super papa de nous avoir emmené aussi loin, en toute sécurité, et d’avoir géré aussi bien la mécanique! Merci aussi de t’être collé au jeu de la paperasse Ju, pendant que je me concentrais plus sur l’intendance. Chacun a trouvé sa place ou ses marques avec le temps.

Il reste en nous encore un peu de magie de ce voyage en famille, et déjà beaucoup de nostalgie. Un peu de fierté aussi? On en rêvait, on l’a fait.

J’ai commencé cet article sous la pluie. Reste à présent quelques nuages et une éclaircie proche, comme pour nous dire, où nous prédire que d’autres jolis projets sont à venir!

Merci à tous les lecteurs, qui ont suivi nos aventures, et pour votre présence, qui de près ou de loin nous a aidé dans notre voyage.

Reste plus qu’à nous dire:

A bientôt pour une nouvelle partie de chats perchés?