L’Iran acte 3… comme on ne l’avait pas imaginé!

Le dernier article a fini en queue de poisson, et je pense que maintenant vous savez à peu près tous ce qui nous est arrivé. Mais ça fait rien, ça vaut tout de même la peine de le raconter. Accrochez vous, on en a vu des vertes et des pas mûres…

Nous voilà donc en Iran. Et bam…

Une tempête de sable mon ami… comme on n’avait jamais vu encore. Ça rentre de tous les côtés dans Polo, on en a sur nous jusque dans la bouche, tu sais, quand ça craque sous la dent.

On a bien du mal d’avancer et on sent que le camping-car perd en vitesse. On se dit que c’est dû à la force du vent qui nous arrive par la droite.

Le sable s’entasse sur la route et Polo n’a même plus la force de passer les congères… On cale une première fois, on bloque la circulation et on a bien du mal à redémarrer.

Quand on reprend la route, Polo perd encore de la puissance, on roule maintenant à 30km/h maximum. On cale de plus en plus souvent, et pour redémarrer c’est vraiment galère. Le moteur commence à chauffer, nous sommes dans le Balouchistan Iranien, zone dans laquelle on n’a pas spécialement envie de traîner et on espère pouvoir sortir de là sur roue. On s’arrête, ou plutôt on cale une dernière fois et on ne redémarrera plus du tout.

On est vraiment inquiet pour le moteur même si le peu de gens (région plutôt désertique, c’est le cas de le dire) qui s’arrêtent pour nous aider nous assurent que « c’est rien' », « juste un petit problème ».

On est perdu au milieu de nulle part et on doit trouver de quoi se faire remorquer. Julien arrête un type en camionnette et moyennant monnaie, il nous tire jusqu’à la ville suivante, la corde nous reliant cassant à peu près tous les kilomètres.

A la ville suivante, on trouve une autre camionnette pour nous remorquer.

C’est pas jojo non plus, et ça coûte un peu cher. 10 km plus tard la remorqueuse tombe elle aussi en panne.

Nous sommes à un checkpoint militaire. On nous passe un savon parce que nous n’avons pas d’escorte. De une, on ne savait pas qu’on devait en avoir une. De deux, toutes les escortes sont réquisitionnées pour encadrer 16 motards pakistanais en « visite officielle » en Iran. Les militaires nous souhaitent bonne chance, on demande pourquoi! « Vous voyez les montagnes là bas? »

« C’est Daech, et parfois ils viennent. »

On se sentait moins « proie » côté iranien, même si je le répète encore, nous ne nous sommes jamais senti en danger au Pakistan.

Une demi heure plus tard nous repartons, et atteindrons Zahedan dans l’après-midi.

Rien que ça, ca nous a usé. Heureusement, on ne savait pas que la suite serait pire! Je ne sais pas si on aurait eu la force d’affronter tout ça.

A ce moment là, nous sommes sur le parking d’un hôtel et avons pris une chambre. Le camping-car est une île à lui tout seul, c’est dommage, il n’y a pas la mer, ça aurait été marrant. Va falloir nettoyer tout ça, mais avant on préfère avoir un verdict pour le moteur. Faire venir un garagiste relève de l’exploit. Pas envie, pas le temps et puis c’est l’Aïd… Faut que je vous explique aussi que l’intégralité du parc automobile en Iran roule à l’essence, le diesel c’est pour les camions. Et puis Citroën n’est pas une marque récurante ici.

Alors le peu de personnes qu’on arrive à déplacer n’y connaît rien.

Dans quel état d’esprit on est à ce moment là? Ben on est presque sûr, au bruit, quand on arrive à démarrer Polo, que le moteur est mort. Confirmation de Papa Caco par téléphone, qui n’est pas là mais qui connaît les symptômes.

On est un peu perdus. On a plusieurs options… Stopper le voyage, abandonner Polo ce qui revient à le perdre, perdre sa valeur, la valeur de la caution du carnet de passage et finir notre trip en eau de boudin.

L’autre, acheminer le camping-car à Téhéran dans un garage qui gère, et qui pourra peut-être réparer ou changer le moteur.

Clairement on choisit la deuxième option. Mais moi j’en ai un peu marre des problèmes mécaniques et je ne sais pas combien de temps je serai capable d’attendre. J’ai un très mauvais souvenir de Katmandou. Ju est plutôt en mode, « je suis préparé à ça, donc ça ira. »

Nous sommes toujours restés en contact avec nos amis Mohamed et Leyla de Teheran, et nous avions prévu de voyager un peu en Iran ensemble. Ils s’inquiètent vraiment de nos problèmes mécaniques et de l’endroit dans lequel nous sommes. Mohamed nous donne un sérieux coup de main lorsqu’il s’agit de trouver une dépanneuse, une VRAIE, pour emmener Polo à la capitale, soit 1500 km plus loin. A Zahedan, personne ne parle anglais, Mohamed nous assiste par téléphone. Assiste plutôt Ju, qui se livre à l’exercice de toutes ces démarches pendant que je m’occupe des enfants à l’hôtel.

D’ailleurs lors de ces jours de recherches, Ju se fera arrêter à de nombreuses reprises aux Check point de la ville et se fera remonter les bretelles parce qu’il se déplace seul sans sécurité.

Le verdict tombe. Dépanneuse, il n’y a pas. Mais il y a ça:

Ok. Mais on fait comment pour monter Polo là dessus? Il n’y a pas de rampes.

Voilà ce qu’ils nous trouvent:

Flippant! Et on a raison! A peine le camping-car est levé que tout un tas de choses se mettent à plier: le marche pied, la tonnelle sous l’effet des chaînes, le pare choc qui casse. On crie « STOOOOOOP »! Allez les gars, vous remballez la grue. On s’apercevra plus tard que la pare brise a fissuré de chaque côté. Je n’ose imaginer les conséquences si on était allé jusqu’au bout, un camping-car qui explose littéralement en plein vol.

Vous n’avez pas les données temporelles, entre l’attente des garagistes et la recherche de la dépanneuse, nous sommes à Zahedan depuis une semaine déjà. Et c’est encore une journée de perdue.

Ju repart à l’assaut le lendemain. Nouveau camion, il fait les papiers, ils viendront chercher Polo le jour suivant. Ils arrivent avec une petite dépanneuse, trop petite pour porter Polo. Ils décident donc de le tirer jusqu’à:

Un lopin de terre à l’extérieur de la ville! Et voilà! En route pour Téhéran ce soir!

Nous ne voyageons pas avec notre compagnon de route mais avons décidé de prendre le train. Plus rapide (22h tout de même) et confortable pour les enfants. Mais il nous faut attendre 3 jours de plus, il n’y a plus de places.

Nous apprenons le lendemain que Polo n’a pas quitté Zahedan. Manque l’autorisation de la police. Que nous avions obtenu lors de lors de l’essai avec la grue, et que les nouveaux chauffeurs n’ont pas voulu prendre. « C’est bon, il n’y en a pas besoin! ». Rebelotte, Ju doit courir au poste de police, et se battre, parce qu’ aujourd’hui ils ne veulent plus nous le donner. 3 heures de plus mais c’est bon, nous l’avons. Petit cadeau « bonus » en guise d’excuse de la part des policiers, un petit bout d’une chose qui se fume et qui rend joyeux… Mais qu’allons-nous bien faire de ça ?😁

On réserve enfin nos billets de train et attendons impatiemment le fameux jour du départ.

Heureusement, quelques voyageurs sont de passage pendant notre séjour ici. Zahedan est une ville de transit pour les gens venant ou partant au Pakistan.

Il y a dabord Mark, Australien à moto, avec qui on sympathise et passons nos soirées à siroter le thé, parlant de la vie et de nos voyages respectifs.

Et puis après le départ de Mark, arrive David, Espagnol, on adoooore l’accent anglais des espagnols et leur Buena onda attitude! Il passe au Pakistan, serein mais avec les mêmes questions que nous nous posions lors de notre premier passage: comment ça va se passer?

Inutile de vous dire que ça colle tout de suite entre nous. David partira avant nous de Zahedan sur la route du Pakistan.On se reverra, nous en sommes « presque » sûr.

Et notre Polo, il atterrit où à Téhéran? Une belle chaîne d’entraide s’est formée, et notre fidèle Vincent, toujours là dans les coups dur s’est mis en quête du meilleur garage de Téhéran. Et il l’a trouvé, via des contacts sur les réseaux sociaux. Une famille française avec le même camping-car que nous ayant eu des soucis le rencarde.

De sorte que lorsque Mohamed appelle les mécanos, ils sont déjà au courant de notre problème et nous attendent, cette famille française les ayants informés.

Ce garage est spécialisé dans la réparation de moteur, jouit d’une excellente réputation et adore les challenges: les véhicules de voyageurs de toutes tailles et de toutes marques. David, notre ami espagnol est passé dans ce garage lui aussi et nous assure que si quelque chose est possible, ce sera là.

On s’inquiète quand même un peu. On a eu du mal à faire monter Polo dans le camion, comment va t’il en descendre? 3 jours plus tard, nous recevons ça:

Le bonheur… Nous sommes rassurés, d’autant plus que nos premiers contacts sont clairs. Ils parlent anglais et ont vraiment l’air de gérer la situation. Ce qu’on apprendra bien plus tard, c’est que ça n’a pas été aussi facile que ça en avait l’air! Débarquement dans un autre garage, dépanneuse trop petite, nouvelle dépanneuse, déchargement devant le garage, voie trop petite, blocage de circulation, camping-car trop long qui touche le sol, cales, reblocage de la route…3h plus tard…😂

Nous prenons le train plein d’espoir.

Et quel train! Une cabine couchette rien que pour nous, thé à volonté, repas sur commande… On admire les paysages… désertiques toujours… et tentons de maîtriser nos 2 fauves qui commencent malgré tout à trouver le temps long au bout d’un moment, et qui n’ont qu’une envie, grimper partout.

Quand vient l’heure du coucher, on est un peu soulagés, enfin, du répis.

On a bien du mal à dormir, le train bringuebalant dans tous les sens et sur le coup des 4h du matin Pablo se réveille et fait des bruits très bizarre. Je pense qu’il vomit, mais il fait en réalité une crise d’asthme. Une crise d’asthme, sans blague, c’est la première fois que ça arrive! On est très inquiet, le mot juste, c’est EN PANIQUE TOTALE! On cherche le contrôleur et on fait arrêter le train. Nous sommes près de Yazd. Ben tient, un an auparavant Pablo avait fini à l’hôpital après avoir chuté d’une chaise. 6 points de suture. Les secours sont appelés, on remballe les sacs, sûr que notre voyage s’arrête là. Les urgences arrivent, diagnostique crise d’asthme. Mais ce n’est pas grave, il n’a pas de fièvre. ??? Ah, d’accord. Un coup de ventoline et ça repart. On nous assure que tout ira bien jusqu’à Téhéran, et les médecins s’en vont la ventoline dans leur sacoche. Non, on n’en a pas besoin.

Tout Le Monde au lit, et là croyez-moi, on roupille. 2 heures plus tard, rebelotte. On connaît la chanson, nous arrivons dans une gare, le train est arrêté et on attend les secours. On refait les bagages… reverdict crise d’asthme, et cette fois on demande à garder la ventoline. Nous pouvons rester dans le train, fin du trajet sans encombres. Enfants HS, parents HS, nous arrivons à Téhéran avec 3 heures de retard. (Non, ce n’est pas de notre faute 😜).

Mohamed et Leyla nous réceptionnent et nous allons directement au garage. On fait enfin connaissance de Salim (le père), et Soroush (le fils).

Ils vont commencer à démonter le moteur, ce qui prendra déjà plusieurs jours.

Pendant ce temps là, on profite de Mohamed, Leyla et leur famille, qui nous accueillent cœur et bras grands ouverts. C’est bon de les revoir. Ils nous bichonnent à l’iranienne, on ne manque de rien! Ils nous mettent même à disposition un appart qu’ils louent à plusieurs amis et dans lequel nous resteront plusieurs jours.

Mohamed est magicien à ses heures et amuse la galerie, tandis que Leyla à la gentillesse de laisser les enfants retourner sa chambre!

Julien va au garage de temps en temps et quand le moteur est ouvert, Soroush nous envoie un message. « On vous attend, bad news ». On saute dans un taxi.

Voilà, il y a du sable partout dans le moteur (ça on le savait), les 4 pistons foutus, les cylindres à usiner, l’arbre a came, tous les roulements foutus… il a même fallu en fabriquer sur mesure ici car on ne les trouvait pas en Europe. Gros chantier!

Bad news, pas tant que ça pour nous, la very bad news qu’on redoutait c’était de ne PAS pouvoir réparer, alors que ça ne semble pas le cas. Ils sont motivés au garage, vont essayer de trouver les pièces en Iran, et si ce n’est pas possible, les commander en Allemagne. On est un peu surpris, puisqu’à cause de l’embargo (sanction affligé par les américains), il est impossible de recevoir des colis en Iran. C’était passé juste l’année dernière lorsque nous attendions nos passeports renvoyés en France pour faire nos visas pakistanais. Mais au garage ils sont positifs, c’est monnaie courante pour eux qui réparent des moteurs venant de toute l’Iran et comme je l’ai dit, des voyageurs sur roues.

On se met à y croire aussi, et décidons de regagner nos pénates, c’est à dire la vie dans le camping-car, au garage. On veut suivre ça de près, et remettre de l’ordre dans Polo, toujours envahi par le sable. Sans mentir, la pelle et le seau sont bien appropriés! Chapeau, lunettes et crème solaire, À LA PLAGE! Y’en a partout, dans les placards, les lits, les rideaux, les fenêtres, à l’avant, l’arrière, les soutes…3 jours pour y voir clair, et encore aujourd’hui on continue d’en enlever.

Ce sont des dizaines de pelles comme ça qu’on a ramassé. On découvre aussi que le chauffeur a dû se taper un pont, puisqu’on trouve malle de toit dans le camping-car, défoncée et que l’échelle à l’arrière aussi, ainsi que le jerricane d’essence. Cooool!

Vivre au garage, quelle idée?! Ce garage là n’est pas celui de Katmandou. Très important, il est grand, dans une cour fermée, c’est à dire que nous sommes protégés de la route. Le plus, c’est que c’est plutôt propre pour un garage!

Un autre problème vient s’ajouter à nos soucis mécaniques. Il est impossible de retirer de l’argent au distributeur, spécificité du pays que nous connaissons, et que nous avions anticipé mais pas au point de pouvoir régler une facture de ce genre, et vivre à côté.

Va falloir trouver une solution. D’autant plus que Ju a des problèmes dentaires et qu’il va devoir se faire poser un implant. Oui, ici, les prix défiant toute concurrence.

On va dans les bureaux de change, échec. On trouve un western union, fermé depuis 2 ans. On frappe à l’ambassade de France, on nous ouvre la porte! On nous reçoit, on nous aide. Il est possible en cas de situation urgente de se faire transférer de l’argent via le trésor public. Soyons honnête, durant tout notre périple, toutes les ambassades nous ont reçu avec un ton hautain et une humeur massacrante. En Afrique, j’ai le souvenir que c’était tout l’inverse. Bref, on est content. Merci la France! Le consule nous reçoit dans son bureau et nous met en garde… vous êtes en sécurité en Iran, pas de problème avec la population mais évitez de prendre des photos, bannissez l’usage du drone (on n’en a pas), la police du gouvernement arrête les étrangers sous prétexte d’une banale photo de rue, et vous jette en prison. On a quand même pris une petite remontrance parce que les voyages en Iran sont formellement déconseillés depuis 2 mois par le ministres des affaires étrangères. Quand il nous demande par où nous sommes rentrés et comprend que nous venons du Pakistan un petit sourire se glisse au coin de sa bouche:  » vous vous fichez de ce que je vous dit j’imagine »!

Pour le coup c’est pas vrai. Nous savons ce que nous faisons et écoutons ses conseils. Et oui, on a ressenti plus de tensions cette fois que lors de nos 2 précédents passages.

Nous en aurons la confirmation plus tard, en apprenant que plusieurs voyageurs étrangers sont détenus à la maison d’arrêt de Téhéran, pour usage de drone près d’une zone militaire, et soupçonnés d’espionnage. De toutes façons, ce n’est pas au garage qu’on risque grand chose! Nos réserves d’argent étant limitées, on ne se paye pas le luxe de faire du tourisme et de parcourir le pays.

Revenons en à nos moutons, la panne. Pas de pièces en Iran, on commande le nécessaire en Allemagne, via le frère de Salim, qui a un garage à Frankfurt. Et tout ça, ça prend du temps, presque 10 jours sont écoulés quand la commande est finalisée.

Il faut à présent les acheminer. D’abord par DHL jusqu’à Dubaï puis de Dubaï une agence spécialisée les envoie par avion à Téhéran. L’inquiétude monte, parce que les douanes iraniennes ont pour réputation de n’être pas très pressée. Mais tout se passe finalement au mieux, c’est à dire en quelques jours.

Ce que je dois vous dire aussi, c’est que notre carnet de passage (passeport de Polo), valable un an, arrive à expiration le 24 septembre, soit 15 jours plus tard. Au vu de ce qui se passe avec les voyageurs, on ne compte pas prendre le risque de sortir au delà de cette date. Encore une contrainte.

Alors l’état d’esprit à ce moment là? Eh bien Gaël, surnommé Chamboulemen (coucougnettes en langue farci parce qu’il a très souvent les fesses à l’air) s’est bien adapté, il se fait à tout vu l’âge auquel il a commencé de voyager. Pablo est ébahi au garage, avide de comprendre la mécanique, s’est trouvé des habits de boulot, travaille sur la machine dès qu’il peut, ou avec Soroush sur les voitures. Cependant le temps commence à être long pour lui, et il réclame un retour en France avec des copains français.

On le remarque d’ailleurs lorsque d’autres voyageurs belges, Maelys et Antoine, qui parlent français arrivent, et que notre petit bonhomme ne les lâche pas d’une semelle! Et nous, on est content d’avoir des nouveaux copains, même si leur passage est de courte durée.

Ju est plutôt comme Pablo, c’est cool et l’ambiance au garage est très bonne et festive mais le temps est un peu longuet parfois. Il s’est fait opérer pour poser les implants et le dentiste a « malencontreusement » cassé la dent d’à côté. Double implant, le moral en prend un coup.

Et moi, contre toute attente, ça roule comme sur des roulettes. Le jour où nous sommes arrivés au garage, Salim m’a dit en montrant mon voile: « Qu’est ce que c’est que ça? Enlève moi ça s’il te plaît »… Pour moi c’était juste le bonheur. Et puis le garage, les odeurs d’huile, de graisse et d’essence, les mains noires, les cigarettes de Salim et le cendrier piston de camion, les petits bouts de papiers sur lesquels il prend des notes et qui traînent partout, la nappe de la table… Toutes ces petites choses que vous ne comprenez sûrement pas mais me rappelle un être cher, mon papa! J’ai un peu l’impression d’être à la maison, même bonne humeur et ambiance festive.

Nous partageons tout avec Salim et Soroush qui sont d’une infinie gentillesse et avec qui nous nous lions sincèrement d’amitié. Un mois de vie là bas au total tout de même. Nous goûtons la cuisine iranienne maison le midi, et en général le soir, c’est nous qui cuisinons… On s’est installé quoi, y’a notre linge qui sèche dans la cour, la piscine des enfants à la bonne franquette.

On fêtera mon anniversaire là bas avec un invité de marque, un animal rose avec une queue en tire bouchon! Sympa comme cadeau! Et ne croyez pas que notre foie est resté au repos… dans le pays des interdits tout est possible! Et chaque soir après le boulot, when « the wall is black » autrement dit quand le mur d’en face devient noir, c’est l’heure de l’apéro… un petit schnaps maison que nous aurons goûté, encore et encore. « Salamati my friends » (santé)…

En parallèle, nous voyons souvent Mohamed et Leyla, on se promène, on visite un peu la ville, où mangeons tout simplement ensemble. Ils sont aussi venus nous voir au garage, chouette les copains!

Il ne faut pas l’oublier, l’Iran, c’est beau. Heureusement, nous y avons déjà goûté il y a un an.

Nous avons reçu les pièces, mais les travaux n’avancent pas trop. Voici le temps de fêter Imam Hussain (Quand l’Iran organise des cérémonies de deuil, qui marquent le jour de l’anniversaire de la mort de son icône mort en martyr Imam Hussein) pendant plusieurs jours, la ville est morte, personne ne travaille (sauf Salim et Soroush). Le moteur est en sous traitance dans un autre magasin, en attente lui aussi.

Defilé durant lequel le peuple vêtu de noir se flagelle en compassion pour le martyre.

Le temps passe, et le 24 septembre approche. On récupère enfin le moteur. Reste encore un peu de nettoyage, l’assemblage.

Comme nous n’aurons pas le temps de vraiment tester le moteur avant de partir, les gars décident de le démarrer avant de le remonter sous le capot.

Et le 23 au matin commence le remontage dans Polo…

Dur journée! Beaucoup de boulot en un temps restrein, et un départ en queue de poisson lui aussi, puisque nous partirons précipitamment. Nous avons de la route à faire pour atteindre la frontière en temps voulu.

Voici une petite vidéo faite par le garage qui résume tout ça…

On part le portefeuille léger, 😰… Et oui, les pièces, l’expédition, les passeurs pour contourner l’embargo, la sous traitance et la main d’œuvre, bonjour les dégâts. C’était pas prévu au programme.

Enfin Polo est sur pattes, et ça, c’était inespéré.

Une dernière photo, et c’est parti, le cœur bien lourd. On se reverra hein, on se l’est promis…

Une course contre la montre s’engage alors, nous roulons toute la nuit. Enfin Ju, et j’essaie de dormir pour prendre le relais le lendemain. A 4h du matin, un gros bruit vient du moteur. on s’arrête sur le bas côté. Heureusement, y a un peu de place (en bord d’autoroute 😬, mais ça ira). C’est Ju qui trouve le problème tout se suite, on a perdu le boulon qui tient la poulie qui alimente le moteur (pompe à eau, pompe à vide donc freins, alternateur.)

On est au milieu de nulle part dans une partie un peu désertique de l’Iran. Ju ne dort pas et essaie d’arrêter des poids lourds. Ce sont les chauffeurs turques qui nous prêtent main forte. Comme par magie à 9h du matin, un gars sort un seau plein de vis, écrou, boulon… C’est parti mon kiki! Ju remonte le bordel, resserre les courroies et en route pour la Turquie!

Nous passerons la frontière de Sero, à 22h et respecterons les délais du carnet de passage. Notre carnet expirait à minuit.

Une longue histoire n’est ce pas! J’espère qu’on ne vous a pas perdu le long de la route!

Allez, on finit ce message par un remerciement à Salim et Soroush pour avoir réalisé ce « miracle »! Et pour tous ces moments partagés ensemble. Keep in touch…

Idem, un grand merci à Mohamed et Leyla, ainsi que leur famille, pour leur aide, soutien, accueil et présence. Nous sommes partis un peu en catastrophe et n’avons pas eu le temps de vous dire bye bye… Un signe probablement, nous nous reverrons!

Bye bye Iran!

Bisous à tous!

1 Mois et demi au Pakistan

Que d’émotions au moment d’écrire cet article. Il s’est passé tellement de choses à tous les niveaux dans ce pays qu’il est difficile de savoir par où commencer, et que j’ai peur d’oublier de raconter certains événements, péripéties, de mentionner certaines réflexions ou sentiments vécus ou ressentis.

Et puis, nous sommes en Iran maintenant. Ce qui signifie que nous sommes sortis de cette boucle infernale: Pakistan, Inde, Népal. Non pas que nous regrettions, bien au contraire, nous sommes très heureux de cette inoubliable expérience. Il faut juste préciser que ce sont des pays extrêmement fatigants, et qu’on n’en sort pas sans y avoir laissé des plumes!

Je ne sais pas par quoi commencer. Allez, au hasard:

L’Hospitalite Pakistanaise

On passe la frontière en fin d’après midi, et on attend nos potes d’unexpected frequencies quelques temps. Il fait une chaleur de fou, on demande la température au dernier militaire indien avant la fameuse barrière qui sépare les deux pays , 49!!!!!!

Pendant ce temps ses collègues essayent par tout les moyens de prendre des photos par un bout de fenêtre avec les enfants qui leurs hurlent « NO NO NOOOOOOO » Rien n’y fait, ça les fait sourire et pas assez rassasiés, ils recommencent… Ju s’énerve! Mais il redescend en pression, « Ju, il reste 30 mètres et on y est…. calme toi » bon Ok…

3 min plus tard On passe le premier portail Indien puis le second…Ouuuuuf!

On est accueilli par un militaire calme posé…

Salam Aleykoum!!!

Welcome to Pakistan

Welcome to Lahore

Do you need something?

Ça y est, on y est!!! Bye bye India! Et Re-Bonjour!!!! Pakistan!!!! Tu nous manquais!

Formalités carnet de passage, immigration et l’officier nous propose de rester attendre nos amis dans sa pièce climatisée en s’assurant régulièrement que nous ne manquions de rien.

Les potes arrivent on passe la première nuit avec eux dans une Usine de Lahore qu’ils connaissent bien. Sur le chemin allé, Yolaine était passée sous un pont pas assez haut avec son poids lourd, arrachant tout le camion…..

Ils avaient été accueillis à bras ouvert par une famille du coin les voyant en détresse sur le bord de la route. Cette famille possédant une usine sur Lahore, ils ont mis pendant des semaines leur personnel à disposition des copains afin de tout reconstruire…

Il est temps pour nous de partir le lendemain, nous sommes attendus par Mukaram, le président de l’association des Bikers de Lahore.

Nous avons eu son contact avec Julio et Maya, qui l’avaient rencontré une quinzaine de jours plus tôt.

Mukaram s’occupe également d’une sorte de banque alimentaire, il est à la tête d’une équipe qui distribue gratuitement des vêtements et repas quotidiennement à une centaine de famille démunis sur Lahore.

Ils nous accueille à bras ouvert dans ces locaux et nous permet de garer Polo la bas aussi.

Au vu de la chaleur, il insiste pour nous mettre à disposition jour et nuit le seul bureau climatisé des locaux. Tout le monde est au petit soin pour nous, on nous apporte de la nourriture, des fruits… Mukaram met à disposition sa voiture et un chauffeur lorsque nous avons des courses à faire, insiste pour nous inviter au restaurant tous les soirs avec sa famille… Bref nous sommes leurs invités et nous devons être Bien…

Pour vous dire c’est même compliqué pour nous de faire notre vaisselle… Ils ne comprennent pas « pourquoi fait tu ça? «  vous êtes nos invités c’est à nous de le faire »

C’est un peu gênant mais après discussion un équilibre est trouvé afin que tout le monde se sentent à l’aise.

Gaël tombe malade, de grosses plaques rouges apparaissent sur tout son corps, il a de la fièvre.

Mukaram nous amène tot le matin à l’hôpital et insiste pour que l’on aille le soir même faire confirmer le diagnostic du médecin qui n’est qu’urgentiste, par une de ses connaissances diplômée en pédiatrie. Ce serait une réaction allergique due à la chaleur. Ouais, c’est pas beau. Évidemment interdiction de payer quoi que ce soit et obligation de rester goûter à quelques spécialités locales…

Nous serons invités également à visiter un centre pour enfants handicapés ou travail Lubina, la femme de Mukaram.

Accueil en grande pompe, bouquet de fleur, photos en rafale des enfants qui se mélangent aux jeunes du centre. C’est intéressant de voir comment sont pris en charge les enfants souffrant de handicaps. Ce centre est basé sur la méthode Montessori, avec différentes salles; motricité, sensorielle, d’activité pratique dans lesquelles les enfants vont à leur guise. Dommage que chacun de nos gestes ait été capturé, ça gâche un brin le moment.

On a aussi la visite des voisins qui nous apportent régulièrement thé coca…un lit pour s’allonger dehors.

Nous serons rejoins quelque jour plus tard par David et Sylvia, et on prend la route du nord ensemble. Gaël va mieux, on ne peut pas rester plus longtemps dans cette fournaise. On a l’impression qu’on peut prendre feu. Le maximum des températures aura été 48 degrés, avec un ressenti de 54. C’est être proche de l’enfer. A part transpirer, t’es capable de rien.

Tu vois ce que c’est???!!

L’ascension vers le nord

C’est à peine croyable, mais on arrive à dormir au frais dès le premier soir! Je ne sais pas si vous pouvez imaginer comme c’est insupportable (et ce mot est tout à fait approprié) de vivre par une telle chaleur! Quand j’ai vu sur la carte qu’à Muree, ville à une quarantaine de kilomètres seulement d’Islamabad, on pouvait être à 2000 mètres d’altitude, on a mis le cap sur cette ville. On était prêt à tout pour un peu d’air frais.

On pose le campement sur un parking d’un bled complètement paumé, avant Muree, qui grouille de gens et d’agitation, et de vieilles bagnoles. Elles ont une classe folle ! C’est un policier en bécane qui nous amène sur ce parking en nous assurant qu’on ne risque rien.

On ressort la couette!!! C’est cool mais ce n’est pas sur ce genre de parking qu’on trouve de la tranquillité.

Là par exemple, je ne suis pas entrain de discuter avec cette dame! Elle vient juste discrètement regarder à quoi ressemble un camping-car! (C’est peut être pour passer inaperçu qu’elle s’est habillé comme ça d’ailleurs?? 🤣)

On repart dès le lendemain matin et on admire les vendeurs de tissus, de parapluies (!), de maîs, qui étalent leurs marchandises le long de la route et nous procurent un joli spectacle.

D’autant plus que nous sommes sur une route de montagne. Ce qui présente des avantages: c’est magnifique! Et des inconvénients: pas un bout de terrain pour se poser. Alors on roule beaucoup.

Ce jour là, on traverse une partie du cachemire, région sous pression, en perpétuel conflit avec l’Inde. (Mais n’approchons pas de la zone de conflit).

On en sort quelques heures plus tard, toujours sans trouver de bivouacs. David et Sylvia, avec qui nous avons pris la route, ont un plan. Un petit village perché en haut d’une montagne. David devra tracter Polo sur une petite partie extrêmement pentue. On est heureux en haut, et on demande à rester sur le parking d’un hôtel. C’est refusé. La sécurité… Nous n’avons pas d’escorte et puis il y a des ours dans le coin, on risque de se faire attaquer. On éclate de rire! C’est juste que personne ne veut prendre le risque qu’il arrive quelque chose à des touristes. Pourtant cette région du Pakistan est sûre. La police est appelée, et on nous emmène sur un parking pourri, oui oui, bondé de voiture en pleine place publique. Oui mais le poste de police est à côté. On n’a pas rencontré d’ours, et on s’est vite sauvé le matin!

C’est un seau de miel.

Et on reprend la route. Qu’est ce qu’on roule…Et des journées entières. On traverse à présent la Kaghan vallée. Paysages de montagne, toujours. On longe une rivière, et sur le bord de la route, tous les restaurants se vantent de servir de la truite. On s’arrête, Accrochez vous bien, le kilo de truite se vend entre 2500 et 4500 roupies! Soit entre 14 et 25 euros le kilo! Ils peuvent se la garder. En comparaison, un plat de riz-poulet se vend environ 500 roupies, soit 3 euros.

On s’arrêtera à Naran, ville ultra touristique et très chère, pour se reposer quelques jours avant de continuer notre route.

Les paysages sont de plus en plus joli! On passe le col de Babusar à 4300m d’altitude! On a évité le Ladakh en partie à cause de l’altitude (col à 5000m), ça aurait pu le faire. Par contre Polo galère un peu. Il fume en quantité et tout noir! Et il n’a pas trop la patate!

On n’a pas chaud la haut, et on aurait bien dû y rester pour la nuit, puisque ce soir la, on redescend très bas et la chaleur nous empêche à nouveau de fermer l’œil.

C’est un peu de mauvais poil qu’on attaque (très tôt en plus, 6h du matin) la journée du lendemain. Et ce sera une journée tartine à l’envers. Plus de liquidités, plus d’essence, et pas un distributeur qui fonctionne à l’international. On se fait les muscles en serrant les fesses! Va t’on arriver à trouver de l’argent avant de tomber en panne sèche? Oui! Mais c’était vraiment très limite. Et puis ça continue quand on cherche notre route pendant 1h (itinéraire Skardu) et qu’on nous renvoie une fois à droite, une fois à gauche… mais non c’était à droite ! Vous vous êtes trompés, c’était à gauche…grrrrr…

Quand on finit par trouver, 100m après avoir bifurqué, la ligne d’échappement cède, et pas dans le bon sens, vous voyez bien, ce serait trop beau. Bref Ju attache le tout et direction garage pour une soudure.

On s’obstine à vouloir reprendre la route de Skardu. Au bout de 4 km on se rend compte que ce ne sera que de la piste, mauvaise route en tout cas, en travaux en plus.

On change d’avis et on file sur Gilgit.

Gilgit c’est pas le pied, c’est une ville. Mais dans cette ville il y a Joëlle! Et avec Joëlle, qui est Suisse, c’est une belle histoire puisqu’on s’est rencontré au mois de Décembre au Sultanat d’Oman! Depuis nous sommes restés en contact. Nous on se balade, mais elle, elle bosse! Elle est en mission de 1 an en tant qu’observatrice de l’ONU. Par chance nous sommes dans le même coin en même temps. Alors on va en profiter un Max!

Et on met le cap sur la vallée de Hunza.

On monte assez rapidement jusqu’au col de Khunjerab, à 4700m! Bravo Polo! T’en baves mais tu assures! Nous sommes à la frontière sino-Pakistanaise.Et la il faut quand même que je vous parle des montagnes du Paki. Le Pakistan, c’est 108 sommets qui dépassent les 7000m d’altitude, le plus connu étant le K2 (8600m)! Et au moins autant dépassant les 6000m! C’est pas compliqué, on voit des sommets enneigés partouuuut! Nous qui regrettions d’avoir manqué ça au Nepal, on s’est bien rattrapé.

La plupart des sommets se trouvent sur la chaîne de montagne du Karakoram, qui fait partie de l’Himalaya, on est en plein dedans dans la vallée de Hunza.

Les photos parlent d’elles même.

On profite en redescendant tout tranquillement. Deux stops nous ont marqué. Passu d’abord, charmant petit village en pierre. De là on part en balade. Le point de départ est un pont suspendu. Quand on y arrive on nous dit que c’est interdit de le traverser. On comprend pourquoi. Moi je m’y aventure un brin et je ne fais pas la maline. On renonce, trop dangereux avec les enfants. Changement de programme, on va au lac de Borit.

La c’est le fameux pont…😧Très l’on et surtout les planches sont très très espacées, hyper dangereux quoi.

Promenade dans le petit village de Misgar rempli de verdure au milieu des montagnes brutes

Et puis Minapin dans la vallée de Nagar.

D’abord c’est beau, et puis on trouve un endroit à peu près au calme pour s’installer. De la verdure, un petit resto qui fait de la bonne bouffe locale (on est fan des pois chiches et des doigts de fées ou gombo). Les garçons ont sympathisé avec le petit monsieur qui fait les pizzas l’après-midi. Ils cuisinent avec lui et rapportent une pizza voir plusieurs tous les jours. Ne vous méprenez pas, une pizza Pakistanaise n’a rien d’une pizza italienne! C’est une sorte de pâte épaisse sur le dessus et le dessous, fourrée d’une sauce à la viande hachée. On aime bien.

Puis vient le temps de prendre la routes en sens inverse. On commence à fatiguer sérieusement. Mentalement j’entends. C’est très beau, assez calme mais on reste une curiosité donc l’attraction du coin.

Et le vent commence à tourner, on rencontre à peu près un problème par jour. Les pneus qu’on change parce qu’ils se dégonflent tout le temps, l’arnaque au pneus puisque celui à l’arrière droite, supposé neuf « éclate » (très doucement et sans dommage) sur l’autoroute. Le porte vélo qui lâche littéralement, cette fois il est impossible de le réparer, on doit vendre nos vélos, Julien qui perd une dent. Pouah, on encaisse les coups…

Et puis après cap à l’Est on file en Iran!

Nous serons stoppés à l’entrée du Balouchistan, et poursuivrons sous escorte armée jour et nuit jusqu’à la frontière Iranienne

C’est à ce moment là que la pépite des mésaventures nous arrive… Je peux pas vous en dire plus maintenant. Non pas que je veuille faire durer le suspense, c’est pour une autre raison personnelle.

Je vous invite à suivre le prochain article qui je pense vaudra des points au vue de tout ce que nous est arrivé!

Je précise qu’on va bien, tous!

Bonne reprise à tous, on vous embrasse!

Incredible India!

Quand nous quittons Bardia, une course s’engage pour gagner le nord de l’Inde et les montagnes au plus vite. La chaleur grimpe de jour en jour, c’est insupportable.

Dans la même journée nous quittons une famille attachante; Kiran, Pooja et leurs enfants et passons la frontière indienne.

On se retrouve le soir sous 45 degrés, à cuire sur le parking d’un hôtel. Après la fièvre de Pablo, c’est au tour de Gaël de souffrir de la chaleur. On décide de prendre une chambre climatisée, avec des coupures d’électricité incessantes, mais ça nous requinque un tantinet.

Incredible India. Depuis notre arrivée ici, nous avons retrouvé la population de masse et la circulation anarchique, même si la route que nous empruntons qui passe par Dheli puis Chandigarh est plutôt en bon état.

Il nous faudra 3 jours à rouler non stop pour enfin trouver la fraîcheur. Et en même temps que l’air plus doux, nous retrouvons David et Sylvia, les Italiens sur notre route.

Et ce soir là se produit quelque chose d’un peu fou! Julien est sur son portable, je le vois s’agiter et chasser une bestiole. Puis il se met à crier: (je vous passe les noms d’oiseaux) « Punaise! Y’a une bestiole dans mon oreille!!! ELLE S’ENFILE AU FOND!!!! » Hein?! je me demande quelle mouche l’a piqué, et si il ne devient pas un peu fou. Mais non, vu son état, je peux vous assurer qu’il se passe bien quelque chose. C’est donc un papillon, plutôt gros, qui vient de se nicher au fond de son oreille. On arrive à le noyer avec de l’huile, ça stoppe au moins les battements d’ailes incessants qui le rende fou. N’empêche qu’il n’entend plus grand chose et que c’est déstabilisant (dans tous les sens du terme, l’oreille interne jouant un rôle dans l’équilibre du corps) d’avoir un papillon dans l’oreille. Il est minuit, on est dans la cambrousse, ça devra attendre.

Le lendemain nous avons rendez-vous avec la why not family, famille française composée de Loïc, Mariam et leurs 3 enfants, Edrian, Maëlia et Ntyalé. qui voyagent en gros camion depuis 6 mois. Nous sommes en contact depuis quelques temps et allons tous chercher la même chose, les montagnes!

Nous voilà donc avec les Italiens et les why not sur la route de Manali, ville aux portes du Ladakh. Le Ladakh, c’est le petit Tibet, ou le pays des hauts cols, parce qu’il comprend plusieurs cols dont certains à plus de 5000 mètres. Et ce n’est pas qu’on a des points de vue sur les cols, c’est que la route passe carrément au sommet! C’est là bas qu’une partie du film « 7 ans au Tibet » à été tournée (merci Laura), si ça peut vous aider à visualiser.

On est content de rencontrer cette famille, et que Pablo et Gaël aient des copains pour jouer.

On prend ensemble la route du nord…pour se retrouver coincés dans d’interminables bouchons.

Nous pensions trouver le calme en même temps que le frais, mais il s’avère que ce sont les vacances pour une partie du pays, et que tout le monde souffre de la chaleur et prend la même direction. Le résultat c’est ça:

Et ça va durer pendant des heures, à stationner ou rouler au pas. Il faut garder son sang froid, dès que ça avance un peu, les locaux se mettent à doubler, bloquant ainsi la circulation en sens inverse. Ce qui augmente considérablement les problèmes de trafic déjà existants. Nous choisissons donc de nous extraire de ce fourbît (25km autrement dit 4h plus tard!).

C’est le bordel mais c’est joli!

On trouve une petite place dans un village, c’est une belle aubaine parce qu’à 3 véhicules plus ou moins gros dans ces chemins de montagne, à la nuit tombée, c’était pas gagné.

On décompresse, les enfants aussi parce que rouler pendant des jours entier, ce n’est pas marrant. Et les petits s’entendent bien, on n’a pas eu l’occasion de voir Pablo jouer avec des enfants français depuis longtemps, l’interaction est bonne!

Le répit est de courte durée, on reprend la route dès le lendemain, et si tout va bien nous arriverons enfin à Manali dans la journée.

Plus d’embouteillages, de jolis paysages qui longent la rivière, le tout sous un grand soleil, ça sent bon tout ça.

Le rêve est de courte durée, les why not rencontrent un problème mécanique sur le camion, et lorsque nous arrivons à Manali, on trouve ça :

Des embouteillages. Ben oui, il fait 45 degrés partout ailleurs en Inde, c’est compréhensible que tout le monde migre ici. Les températures sont idéales! Chaud le jour et frais la nuit, on souffle.

Pour l’heure la troupe se sépare. David et Sylvia sont en tête de fil dans les embouteillages et trouvent un parking d’hôtel dans le centre ville, les why not cherchent un garage après la ville et nous, nous devons extraire ce fameux papillon dans l’oreille de Ju. On va dans 2 hôpitaux qui n’ont que peu de moyens. Dans le premier, ils regardent son oreille à la lumière du téléphone, ????!!! Et dans le second, ils voient bien l’insecte mais n’ont pas le matériel pour le retirer.

C’est la fin de l’après-midi, la journée a encore été éprouvante, nous trouvons une place au bord de la rivière pour bivouaquer, avec d’étonnantes lumières sur les sommets.

C’est ici que nous fêterons l’anniversaire de Ju, qui, finit par se débarrasser de son papillon à l’hôpital de Kullu, 40 km avant Manali. Ça commençait à s’infecter, il était temps.

Irmat! Prost! Cheers! Salute! Santé Julien! Fêter ses 33 ans en Inde, on ne l’aurait pas cru un an en arrière. On pensait qu’on serait beaucoup plus proche de l’Europe à ce stade du voyage, voir déjà rentrés.

Nous quittons notre parking pour monter un peu plus haut dans les montagnes. L’occasion de dire bonjour au passage au why not qui sont bloqués, les suspensions de leur cellule ont cédé. Et nous retrouvons David et Sylvia.

Nous trouvons ensemble un spot extra! C’est à côté d’un temple, au milieu des montagnes enneigées, paradisiaque!

En quittant la ville, nous sommes tombés par hasard sur Laura et Steven! On s’est tapé la causette en plein trafic, de moto à camping-car, comme si tu croisais tes potes en ville, c’était rigolo. On s’est croisé par hasard mais nous savions qu’ils étaient là puique leur projet, c’est de monter au Ladakh en moto. C’est même eux qui nous ont donné envie de venir ici, avec l’espoir peut être d’y monter nous aussi. On laisse rapidement cette idée de côté, c’est très tentant mais c’est beaucoup de route, et nous, la route, on en a assez.

Mais être tous ici, ça donne envie d’organiser une petite java « chez nous »! Alors Loïc, qui est équipé d’une moto fait des aller retour pour amener toute sa famille, et Laura et Steven nous rejoignent, et finissent par dormir sous la tente avec nous.

Dans les endroits comme ça, nous on pose nos valises. Nous avons le soleil, la pluie, les températures redescendent même à 9 degrés un jour! Personne ne s’est plaint, on a eu tellement chaud avant.

Et puis merci à David qui fait un peu de photos et qui a pris ces quelques clichés:

On assiste par hasard à une crémation

Et après un dernier pique-nique avec Laura et Steven, on se remet en selle. L’objectif, c’est rester dans les montagnes vers Dharamsala, avant de retourner à Amritsar, ville frontière avec le Pakistan.

Et ouais, on a eu nos visas pakistanais, et sans avoir besoin d’envoyer nos passeports en France. Il est possible de faire sa demande en ligne maintenant, le Pakistan veut promouvoir le tourisme dans son pays, et il a bien raison! On a eu une grosse frayeur puisque notre première requête a été refusé. On a fait une erreur dans notre demande. Alors on a recommencé et ça a fonctionné! Dis comme ça, ça a l’air simple mais ça ne l’a pas été du tout et on remercie vraiment Vincent qui nous a aidé depuis la France, y’avait matière à perdre son sang froid! Bisous à vous Lola et Vincent.

Sur la route de Dharamsala, ville du Dalaï-lama, on traverse des forêts de pins, et ça sent bon l’été.

Et puis à Dharamsala, c’est la même rengaine qu’à Manali. Trafic, bouchons dont on essaye de s’extraire en dépassant la ville et montant dans les hauteurs. Bouchons à nouveau après la ville, et puis la police finit par nous interdire de passer avec Polo. Il serait trop gros…Comment ça mon Polo est en surpoids! C’est faux puisque bon nombre de voyageurs passent avec leur véhicule tout aussi massif, peut-être était-ce un jour particulier, bref. On en a ras la casquette, on est sur le point de perdre notre sang froid. On rebrousse chemin, et cette fois la dernière étape c’est Amritsar.

On pensait y être le lendemain, mais ce qu’on ne savait pas, c’est qu’on allait croiser Maia et Julio sur notre chemin. Ils ont quitté l’Espagne il y a un an, et arrivent du Pakistan. Ils font le tour du monde et ont touuuuut leur temps puisqu’ils font des arrêts boulot le long de la route.

Et comme on trouve ensemble un spot comme on aime, ben on fait quoi?!

On s’arrête et on profite!

Dernier stop: Armitsar

Là on sait que nous quittons l’Inde après 3 semaines bien fatigantes. Le deuxième passage nous aura confirmé que ce n’est pas un pays dans lequel nous nous sommes sentis à l’aise.

Pourquoi? Parce qu’ici, c’est non stop. On a l’impression de ne jamais relâcher. Le périmètre d’intimité n’existe pas, les enfants sont harcelés, les gens font des selfies sans demander, avant même de dire bonjour, ce qui semble pourtant être la base pour établir un contact. Les enfants se mettent à crier « No, no! » dès que quelqu’un approche maintenant, parce qu’il arrive qu’on les porte de force.

S’ajoute à ça l’anarchie de la conduite, qui conduit en Inde est capable de tout. J’ai jamais vu Julien autant s’énerver au volant qu’ici.

Il nous est arrivé de perdre notre sang froid parfois, avec les gens, les automobilistes aussi. Ce n’est pas ce qu’on recherche dans le voyage. Ceci est personnel bien sûr, et nous n’avons vu qu’une petite partie du nord de l’Inde.

Ce que je relate dans cet article n’est pas la découverte d’un pays, mais les rencontres et le temps passé avec d’autres voyageurs. Notre seule vraie halte aura été Manali. Enfin, il faut quand même dire que par 45 degrés, le champs d’action est franchement réduit!

On ponctue ce passage ici par une petite pépite. Il y a un an environ, on publiait cette photo:

On avait rencontré une bande de joyeux loustics en Grèce, qui avait le même itinéraire que nous. C’était les premiers voyageurs au long cours que nous rencontrions, avec le (presque) même itinéraire.

On s’est perdus de vue, et puis retrouvés. Ils étaient 4 à 2 camions la première fois, cette fois ils sont 7 à 5 camions. Les « unexpected frequencies » sont bourrés de gentillesse et de bonnes ondes.

Et les retrouvailles sont effervescentes!

Les garçons ne se privent pas d’aller visiter les camions, Pablo qui avait déjà été conquis par le poids lourds de Yolaine, en tombe carrément amoureux cette fois.

L’ambiance est cool et détendue, et puis on a des tas de choses à se raconter sur nos péripéties personnelles!

On s’était séparé aux portes de la Turquie, cette fois nous passerons ensemble la frontière du Pakistan.

Nous sommes donc actuellement au Pakistan, pays qui nous avait ravi à l’aller, et que nous étions excités de découvrir. Presque 2 semaines passées ici et déjà tellement de choses à dire! A bientôt pour tout vous raconter! Bisous!

Cap décisif

Nous avons fait un bon choix en optant pour la montagne! Nous avons passé une bonne semaine nature, sur de bons spots, en faisant de jolies rencontres parfois très étonnantes.

Nous sommes d’abord partis à Nagarkot, à l’Est de Katmandou. C’est le seul endroit de la vallée où on peut voir la chaîne de l’Everest, et aussi le plus haut, à plus de 2000m d’altitude.

Ca reste assez près de Katmandou, au cas où on avait des soucis avec Polo, on pouvait le ramener à l’hôpital rapidement.

Ça nous a rappelé à quel point nous sommes attachés à ce genre de petits coins nature. Autant pour les enfants, qui ont repris leur liberté, que pour nous. Ils ont sorti les camions de la soute et se sont défoulés pendant 3 jours.

Les températures étaient bien, chaudes le jour mais fraîches la nuit. On y repense avec envie, vous verrez plus tard que nos conditions météo ont largement évoluées!

On profite des paysages et des balades alentours. Mais nous n’avons jamais pu voir les montagnes malgré nos réveils très matinaux (5h30, juste pour voir ce spectacle).

On rencontre un espagnol en sac a dos à qui nous prêtons notre tente pour la nuit, et on passe ensemble une soirée inattendue dans notre petit chalet resto voisin en compagnie de sherpas assoiffés. Ils boivent, fument, chantent et dansent dans la bonne humeur. L’occasion pour nous de fêter la naissance d’Emilio, filleul de Ju!

Le temps s’écoule paisiblement.

Et nous prenons la fuite quand le week-end arrive. Un week-end ici signifie une arrivée massive de Népalais! Basta la tranquillité.

Nous ne sommes pas rassasiés de montagne, alors on roule à jusqu’à Dhulikhel, réputé pour son point de vue sur les montagnes enneigées des Annapurna, Langtang, Choba Bhamre, Gaurishanker et number Karyolung à environ 1500m d’altitude.

Encore un spot de ouf, de grands espaces, une vue sur la vallée, de petits boui boui pour manger aux alentours, et de balades que nous rechignons à faire. Il commence à faire chaud et on flemmarde. C’est une période de réflexion (encore). Où allons nous , où en est notre budget. On y pense depuis Katmandou déjà.

Et si on se pose la question, c’est qu’on a de bonnes raisons. La suite de notre itinéraire comporte des embûches, notamment la traversée de la Birmanie. Comme dans de plus en plus de pays, on ne va pas en Birmanie comme on veut. Ça se fait escorté d’un guide accrédité par le gouvernement obligatoirement. Le planning est millimétré, et la somme demandée exorbitante (cela dépend du budget de chacun bien entendu). Nous nous sommes inscrits sur une liste d’attente pour passer en groupe, certaines agences le proposent et plus le nombre de véhicules est important, plus le prix réduit.

Le prix final nous concernant est de…roulements de tambours!!!!!1900 euros en groupe pour une traversée en 5 jours. Effarant. Sans compter qu’il nous faut assumer ensuite la Thaïlande et revenir, donc recommencer l’opération. Bon, ils sont sympa à l’agence et nous font un prix pour le retour, 1500 euros. Coût total de l’opération 3400 euros. On éclate de rire, mais on rit jaune. Il est bien sûr possible de ratisser toutes les agences du coin pour des devis mais faut pas rêver, même si on trouve un meilleur prix, ça restera dans ces eaux là et ce sera toujours trop cher.

Notre budget devient serré, on abandonne la Thaïlande mais on cherche un plan B. On se renseigne pour visiter le Tibet: Interdiction d’entrer avec son propre véhicule.

On pense alors à retourner au Pakistan, monter dans le nord, traverser la Chine en 4 jours, arriver au Kirghizistan puis traverser tous les pays en « Stan » pour rejoindre l’Iran par le nord. La difficulté de cet itinéraire, c’est la Chine, dont les contraintes sont les mêmes que la Birmanie. Nous devons le faire escortés d’un guide et ce n’est pas gratuit. Néanmoins ce programme nous plait, et comme il ne nécessite qu’une traversée, on se lance dans les recherches. Il y a effectivement des passages en groupe dans les dates qui nous intéressent. On est vraiment motivés. On calcule et recalcule le budget, pour finalement reculer juste avant la signature. 1800 euros. C’est ce qu’on a trouvé de moins cher mais ca reste trop (surtout pour 4 jours) Nous rentrerons la ceinture trop serrée. On ne pourra plus rien se permettre, c’est trop dommage de voyager frustré.

Notre décision est prise, on fait demi tour et on empreinte la même route. Nous avons le cœur lourd, mais ce n’est pas la fin du monde. Le voyage est loin d’être fini, nous avons encore de temps, beaucoup de choses à découvrir ainsi que de gens à rencontrer!

Nous en avons la preuve quelques jours plus tard lorsque notre route croise celle de Gaétane par le plus grand des hasards. Perdus dans nos montagnes, à la table d’un restaurant désert, elle arrive seule, à la tombée de la nuit. Elle est française! Habite à côté de chez nous en Isère (mais vit au Maroc pour son boulot)! Est née à Landerneau! (Ville de Ju)… et est une pote de nos maraîchers préférés voisins, les Flam’ en Vert… C’est fou toutes ces coïncidences! On se raconte un peu nos vies, et nous revoyons le lendemain pour nous dire aurevoir. Une rencontre marquante et la promesse de se revoir en France.

Il est temps pour nous de reprendre la route. Tout ce temps ici (et toujours pas un brin de montagne en vue!) nous donne envie d’en voir plus… On décide de se rapprocher de l’Everest, un peu plus à l’Est. On emprunte la route de Jiri, dernier stop avant l’ascension de la bête. On a juste envie d’être baigné dans l’ambiance.

Mais on se prend une douche froide. Polo ne peut pas monter là haut à cause de l’état des routes. Nous ne sommes pas vraiment étonnés. Tant pis, on se balade un peu dans le coin sans s’aventurer plus loin.

C’est à ce moment là que nous avons fait le demi tour. Et ça ne nous a pas laissé sans émotion.

Heureusement le lendemain nous faisons la rencontre d’Anaelle! Vous savez où ? Dans une fromagerie Népalaise, HIMALAYAN FRENCH CHEESE! On a rempli le frigo de Munster, Saint Marcellin, Camembert et différentes tomes…

De quoi redonner le moral. Anaelle, française, donne un coup de main à la fromagerie, montée par un français. Elle nous fait l’honneur de nous la faire visiter. On bave devant autant de fromage! Le frigo n’est pas resté plein très longtemps, vous vous en doutez! On recroisera peut-être Anaelle dans le Nord de l’Inde!Et ce sera avec plaisir puisque qu’elle reprend la route dans un mois et pour la même destination que nous.

Nous mettons le cap sur Pokhara, il est bon de rester vers le Nord, c’est à dire le frais car les températures montent sensiblement. Et sur la route nous repassons par des endroits déjà connus!

Entre nos 2 passages, les litchis ont poussé, on s’en régale, surtout Gaël.

Et puis juste avant d’arriver à Pokhara, nous trouvons un petit coin de paradis. Petite rivière, champs de riz, et grands espaces.

C’est superbe, des groupes de femmes et d’hommes travaillent dans les champs, d’autres surveillent leurs bêtes. Les paysages sont magnifiques, tout est très coloré.

C’est pas magnifique? On se plaît bien. Il fait très très chaud, on passe nos journées à patauger dans l’eau! On lézarde, c’est devenu un peu notre routine.

Au lendemain de notre arrivée un véhicule étrange déboule. Un 4×4, panneau solaire et tente de toit. Je crie à Ju: « Des voyageurs!!! » Depuis Dubaï, nous n’avons rencontré aucun voyageurs à roulettes! Ce sont David et Sylvia, Italiens, qui reviennent en Italie par la route après avoir habité 5 ans en Australie. On est content de cette visite. Ils sont venus exprès à notre rencontre après avoir aperçu le camping-car depuis la route.

Encore beaucoup de monde à rencontrer, c’est bien ce qu’on s’était dit!

Nous restons ensemble dans notre paradis puis partons le même jour sur Pokhara. On a repéré des sources d’eau chaude en partant dans la montagne au nord de la ville. Renseignements pris, il faut payer 100 euros pour pouvoir emprunter cette route. (Route de Jomsom et Muktinah qui donne accès à de superbes treks).

Outre le prix d’entrée, la mousson arrive tranquillement. Il fait une chaleur accablante la journée, qui tourne généralement en gros orages le soir. Ce qui veut dire que l’état des pistes en montagne risque de ne pas être des plus praticables pour Polo. Conclusion, nous renonçons! Encore!!! Décidément c’est un peu la période des choix difficiles et frustrants!

(Tala!!! Et voici Sylvia et David au campement de Pokhara)

Bon allez, c’est pas grave! Nous avons un rendez-vous qui nous attend, et pas n’importe lequel. Nous revenons à Bardia, chez nos amis Kiran et Pooja.

C’est également la destination de Sylvia et David, que nous retrouvons régulièrement le long de la route.

Bivouac près d’un temple!

Pause en cours de route:

Passage du pont à crocodile!

Quelques kilomètres avant Bardia, nous perdons le porte vélo sur la piste. David nous fait de grands appels de phares. On attache ça un peu à l’arrache à l’aide de cordes, on aura des réparations à faire!

Et quand nous arrivons enfin là bas après 3 jours de routes, les retrouvailles sont chaleureuses.

Tout autant que les températures qui grimpent à plus de 40 degrés! Et la nuit, on ne vous en parle pas, c’est un cauchemar.

On se traîne difficilement la journée, souffrant de la chaleur 24h/24! Lever un bras revient à perdre 1l d’eau. Les enfants ont l’air de supporter, je ne sais pas où il trouve toute cette énergie pour jouer toute la journée, surtout qu’ils ne touchent pas trop à leurs assiettes. Nous les adultes, on sue, on souffre.

Avoir chaud le jour c’est quelque chose, mais quand ça ne redescend pas la nuit! On réorganise Polo, on change les places de couchage. Les enfants prennent notre chambre, et ont obligatoirement le ventilateur de Polo installé à notre premier passage tandis que papa et maman, eux, transforment la table à manger en lit. La capucine est un four. Avec Ju , nous n’arrivons à dormir que lorsque nous avons le ventilateur que Kiran nous autorise à prendre dans une des chambres (quand elle est libre.)

Hormis ce détail éprouvant, Bardia est toujours aussi beau et enchanteur. On s’y sent à l’aise, comme chez mémé! Kiran et Pooja font tout pour ça. Pablo retrouve son copain Raoul, ils jouent énormément ensemble.

Et Gaël retrouve sa copine la voisine, Alicia.

Impossible de bouger la journée à cause de la météo mais en fin d’après-midi nous allons à la rivière. C’est le rendez-vous de tous! Les enfants, les animaux, et nous tous! Les lumières et cette mixité, c’est incroyablement beau.

Le joli marché du vendredi de Bardia:

Quelques jours après notre arrivée, nous faisons la connaissance de Laura et Steven, couple français. Ils sont en voyage sur 1 an, sont arrivés par avion à Dheli, ont acheté une magnifique Royal Enfield (une moto) en Inde et baroudent entre l’Inde et le Népal avec. C’est chouette hein! Je ne savais pas que ça se faisait! Ils connaissent bien la maison, parce qu’ils y ont séjourné un moment eux aussi.

Des italiens, un couple plus une famille française qui logent tous chez une famille népalaise adorable, voilà dans quelle ambiance nous sommes ici. C’est coooool et buena onda!

On gonfle le kayak et lors d’une virée, on se retrouve à côté des éléphants (domestiqués) entrain de prendre leur bain. Magique…(merci pour les photos Laura!)

On retrouve tout, le charme de la balade en vélo à la petite ville d’à côté. Ju emprunte la moto de Kiran quand il a besoin de faire des courses, à l’aise Blaise!

Réparation du porte vélo

Pablo nous tanne tous les jours… »Papa, maman, j’aimerais bien faire un safari! » Ce ne sera pas de sitôt qu’on pourra voir ce genre d’animaux en milieu naturel alors nous acceptons. Une belle après-midi mais à part des cerfs à foison, rien! Pas un éléphant, ni un rhinocéros, et le tigre ce n’est même pas la peine d’y penser!

Et puis, toutes les bonnes choses ayant une fin, arrive l’heure de partir. Notre visa népalais expire bientôt (presque 3 mois au Népal!!!!), et nous avons besoin de fraîcheur!

Bardia sera sans conteste notre coup de cœur dans ce pays, tant par la beauté du lieu que par le lien qui nous lie à Kiran et Pooja. Mais le Népal tout entier est enchanteur et surprenant. Ne surtout pas retenir notre passage à Katmandou!

Rendez-vous en Inde, où vous verrez que nos folles aventures continuent! Ahhh… incredible India!

Bisous à tous!!!

Katmandouuuu!

On aurait aussi pu l’appeler Katmanbouuuuh…

L’heure est venue d’expliquer notre problème mécanique! Celui qui nous a fait s’inquiéter, transpirer, espérer, désespérer, attendre, déprimer, s’énerver, attendre encore, jurer, pour enfin Jubiler!

Il s’agissait en réalité d’un silent bloc, celui qui tient la boîte de vitesse. C’est la première chose que nous avons regardé lorsque le problème est arrivé. Il était un petit peu abîmé mais rien ne touchait ou frottait, nous avons donc très vite abandonné cette piste d’autant qu’il était récent. Ju avait remarqué qu’il était foutu et on avait fait refaire la pièce lorsque nous étions aux Émirats.

Bref nous avons perdu beaucoup de temps pour pas grand chose en étant resté borné sur la boîte de vitesse. Il a fallu une demi journée (15 min pour être plus franc) pour résoudre le problème. L’important c’est qu’on roule!

Voici quelques photos de notre séjour dans la capitale, on a bougé quand même!

En visite dans les différents temples:

En déambulant dans la ville:

Au garage, ahhh, on en a passé du temps là bas…

Et dans nos différents logements, la vie de tous les jours:

Cet appartement a été le mieux: joli, pas cher, au dessus d’une école où les enfants étaient tout le temps fourrés, et bien placé dans Katmandou.

Ci dessus, l’école depuis notre appartement. Il y avait même un parc de jeu dans l’école, c’est pour vous dire! Pourquoi nous ne sommes pas restés? Parce qu’il était très prisé donc toujours loué!

Avec Anup, notre hôte, instituteur. Cette période aura au moins réconcilié Pablo avec l’école, qu’il appréhendait particulièrement.

Pablo développe son imagination, et crée:

Des camions et des tracteurs avec ce qu’il trouve sous la main, presque sans aide…en tout cas sans conseil.

Et puis la route a repris…

Après les:

Nous avons été :

Soulagés et heureux.

Pied au plancher, on a piqué sur la montagne…

Good bye Katmandou!

FLASH SPÉCIAL!

ON THE ROAD AGAIN!!!

Comme le dit Pablo!

Le vent finit toujours par tourner, et pour nous tout a été très vite!

On a mis le doigt sur la panne lundi.

Mardi on faisait un test conduite, et jeudi sur la route!

Le pourquoi du comment, Julien vous l’expliquera plus tard…

Bisous à tous !

Reportage spéciale dans votre magazine du dimanche

UNE FAMILLE EN VOYAGE EN RADE AU NÉPAL

Voilà 10 mois qu’ils ont quitté la France, sillonnant les routes du monde à bord de leur vieux camping-car C25 âgé de 30 ans. Julien et Amandine, parents de Pablo et Gaël, 3 ans et 18 mois ont rêvé ce voyage pendant longtemps et ont mis plus d’une année pour le mettre au point. « Réunir la somme nécessaire, acheter le véhicule adéquate, se renseigner sur la paperasse et l’obtention des visas, tracer un itinéraire… assez vague finalement, un voyage se dessine au gré des envies et des rencontres! » raconte le couple.

Leur but, c’était la Thaïlande. Après l’Europe, ils traversent la Turquie et l’Iran, font un crochet par les Émirats et l’Oman, avant de prendre réellement la route de l’Est.

« Le choix du véhicule est important. En plus d’être confortable pour ses usagers, il doit être fiable, facilement réparable. C’est pourquoi nous avons opté pour un vieux moteur diesel. En plus de correspondre à nos goût, c’est une mécanique simple à comprendre et à réparer. Il est aussi plus facile de trouver des pièces de rechange sur ce genre d’engins, similaire au Peugeot J5 ou au Fiat Ducato. Nous souhaitions éviter les problèmes électriques et électroniques des voitures modernes », expliquent Julien et Amandine.

Ces baroudeurs ont rencontré d’autres voyageurs le long de leur route. Quand on se lance dans un tel périple, il n’est pas rare de rencontrer des problèmes mécaniques. « Nos amis allemands Robert et Mélanie ont cassé leur boîte de vitesse au sud de l’Oman, les obligeant à shipper leur van Volkswagen chez eux et rentrer en avion. Andy et Dany, d’autres amis allemands, ne pouvaient plus dépasser les 35km/h. Ils ont roulé comme ça jusqu’en Iran, pays où ils ont pu régler en partie leur problème. Il y a ce couple suisse, qui a été bloqué 3 mois à une trentaine de km de La Paz en Bolivie, à attendre de se faire livrer une pièce. Ils nous avaient confié que c’était la pire expérience de leur tour du monde! »

  • Si la mécanique a son importance, le mécano l’est tout autant!

Tomber en panne, c’est déjà pas marrant, mais quand ça n’arrive pas dans le bon pays, c’est pire!

Il semblerait en effet que certains pays soient plus expérimentés que d’autres pour effectuer les réparations. C’est le cas pour la Turquie, où les garages sont concentrés dans une même zone, appelée Sanai sitesi, et jouissent d’une excellence réputation. L’Iran se place en bonne position, problème majeur pourtant, il est impossible de s’y faire livrer des pièces, l’envoi de colis étrangers étant interdit. Les Émirats ne connaissent pas les vieux moteurs, et c’est compréhensible à en juger les luxueuses voitures modernes circulant dans le pays. Chacun préférera éviter la panne au Pakistan, au Baloutchistan en tout cas! L’Inde semble être bien placé aussi Quand au Népal, si tu n’es pas à Katmandou, tu peux vite avoir de gros ennuis.

  • Les mésaventures des chats perchés

Chats perchés, c’est le nom de voyageurs de cette famille, chaque groupe de voyageurs ayant son petit nom, en rapport généralement avec son adresse de blog ou de réseau social.

Polo, c’est le surnom de leur camping-car, il semblerait que ça porte malheur de ne pas baptiser son compagnon de route.

« On avait eu quelques petits problèmes, mais rien de dramatique jusque-là », explique le papa conducteur. « Parfois on roule trop, parce qu’on n’arrive pas à trouver un bivouac pour la nuit. C’est ce qui est arrivé ce jour là, on a trouvé une cour dans un village où on nous permettait de laisser le camping-car pour la nuit, il était tard, il fallait prendre un chemin bétonné pour y descendre. Seulement voilà, le cul de Polo a touché. Il a fallu vraiment forcer pour ressortir en marche arrière. »

C’est après ça qu’un bruit rauque se fait entendre lorsqu’il passe la marche arrière ou utilise le frein moteur. Le bruit s’amplifie au fur et à mesure des kilomètres, laissant présager le pire si quelque chose n’est pas fait rapidement.

« J’ai tout de suite pensé à la boîte de vitesse », explique Julien.  » Nous sommes à une centaine de kilomètres de Katmandou, c’est là qu’on nous conseille d’aller d’ailleurs, les garagistes avouent clairement qu’ils n’ont ni les compétences, ni le matériel pour résoudre notre problème. On a une application, IOverlander (mine d’or d’information pour trouver des bivouacs, mais aussi et entre autres pour trouver les bons garages-NDLR), où nous trouvons 2 adresses de garages réputés bons. Le premier, spécialisé Land Rover, chez qui nous allons, abandonne l’idée de faire la réparation. Ils nous disent qu’ils ne trouveront pas de pièces de rechange et que c’est trop risqué de démonter. Alors on va chez le deuxième! »

Kishor (nom du garagiste-NDLR), a l’habitude de réparer toutes sortes de véhicules de voyageurs et connaît leur contrainte: le temps. « On ne peut pas se permettre de rester bloquer trop longtemps. Nous avons des dates de visas à respecter, et puis il faut se loger si le camping-car est bloqué, et ça, c’est hors budget! »

Les mésaventures s’enchaînent. D’abord le mécano multiplie les passages à l’hôpital, au moins 2 fois par jour, le matin et le soir. Le temps de travail n’est donc pas optimal.

A cela vient s’ajouter un problème de taille, les vis de fixation du cardan sont comme fossilisées, impossible à sortir. Il faudra déposer le moteur pour accéder à la boîte de vitesse.

« Quand nous avons enfin pu l’ouvrir, il n’y avait rien à signaler au niveau des pignons, des axes et du synchro », affirme Julien. « Faudrait pousser encore, mais à ce moment là, je ne sens pas Kishor en capacité technique d’aller plus loin dans le démontage de la boîte. Lui est convaincu que tout va bien, et moi que ça vient des roulements. Bref, on décide de tout remonter et de faire un essai, on ne sait jamais! » Le test se révèle négatif, sans surprise.

A ce moment là, cela fait déjà 2 semaines que la famille est en attente sur Katmandou. Pour couronner le tout, la santé du garagiste s’aggrave, il doit être hospitalisé quelques jours, qui se transformeront en 10 jours d’absence. « Le problème semble assez grave mais Kishor ne souhaite pas nous dire ce qu’il a exactement, lui tout ce qu’il veut c’est ne pas lâcher son job et finir Polo. On parle quand même de chimiothérapie, alors on pense changer de garage. Il a besoin de repos, et nous que ça avance. »

« Nous passons d’appartements en appartements », nous confie Amandine. « On ne peut pas se permettre d’aller à l’hôtel, on devrait tout le temps manger au restaurant, j’ai besoin de cuisiner pour les enfants. Et puis l’air de Katmandou est hyper pollué, on a du mal à trouver un coin de verdure. Les enfants sont surexcités, eux qui ont l’habitude de vivre en extérieur sont désormais cloisonnés à l’intérieur. Quand on sort, c’est pour être au milieu du traffic. Il n’y a pas de coin tranquille pour eux ici. Le seul point positif, c’est qu’on a eu le temps de faire nos visas indien pour sortir du Népal, et qu’on a pu aller consulter un bon dentiste pour Gaël, qui a eu un abcès à cause d’une dent qui pousse. »

Durant ces 10 jours de battements, Julien a pris la décision de commander les roulements de boîte et de les acheminer au Népal. Indisponible en France, ce sont leurs amis allemands Robert et Mélanie qui ont pu passer la commande depuis leur pays, et attendent réception depuis…une semaine. « On attend encore et encore« , soupire Julien. Après réception, il faudra 3 jours pour une livraison DHL, puis encore environ 2 pour effectuer le changement des pièces.

1 mois déjà dans la capitale népalaise pour cette famille excédée, qui n’a qu’une hâte, reprendre la route!

Un article de A.F pour le magazine CHAT VA ALLER!